L’acceptation des enterrements dignes et sécurisés (EDS) progresse progressivement au sein des communautés de l’Ituri, plusieurs semaines après le début de l’épidémie de la maladie à virus Ebola.
Au début de la riposte, les équipes sanitaires ont été confrontées à une forte résistance communautaire. Dans plusieurs localités, de nombreuses familles peinaient à comprendre les restrictions imposées autour de la gestion des dépouilles, une pratique pourtant essentielle pour limiter la propagation du virus.
Traditionnellement, lors d’un décès, les proches se réunissent pendant plusieurs jours pour accompagner la famille endeuillée, toucher le corps du défunt et participer aux différentes cérémonies funéraires. Des habitudes culturelles profondément ancrées qui se sont retrouvées confrontées aux exigences sanitaires imposées par la lutte contre Ebola.
Selon les autorités sanitaires, le contact direct avec le corps d’une personne décédée d’Ebola présente un risque élevé de contamination. C’est pourquoi les enterrements doivent être réalisés par des équipes spécialisées, avec une participation limitée des membres de la famille dans le respect des mesures de prévention.
Ces dispositions ont longtemps suscité incompréhension, méfiance et parfois même des tensions entre certaines communautés et les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés.
Cependant, grâce aux campagnes de sensibilisation menées par les acteurs de la riposte, la situation évolue progressivement.
Parmi les organisations impliquées figure CORACON, à travers le programme de Stabilisation Réactive par la Transition (RESET) mis en œuvre en consortium avec Mercy Corps, Justice Plus, APC et SOFEPADI. Dans le cadre de ce programme, des relais communautaires ont été formés afin de sensibiliser les populations sur les mesures de prévention contre Ebola et l’importance des enterrements dignes et sécurisés.
À Solenyama, une entité située à une dizaine de kilomètres de Bunia, Imani Shave Sarah, relais communautaire formée par le projet RESET, témoigne du changement observé au sein de la population.
« Au début de l’épidémie, il n’était pas facile de faire accepter les enterrements dignes et sécurisés parce que beaucoup de personnes ne croyaient pas à l’existence d’Ebola. Aujourd’hui, la situation évolue. Lorsque survient un décès, les habitants évitent désormais de toucher le corps et certains sollicitent eux-mêmes l’intervention des équipes EDS », explique-t-elle.
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Même constat pour John Santos, également relais communautaire dans la même localité.
« La communauté a progressivement compris l’importance des enterrements dignes et sécurisés. Les sensibilisations et les conséquences observées de la maladie ont contribué à cette prise de conscience. Aujourd’hui, plusieurs familles collaborent volontairement avec les équipes de la riposte », affirme-t-il.
Les acteurs communautaires estiment que cette évolution constitue une avancée importante dans la lutte contre Ebola, dans la mesure où les enterrements non sécurisés figurent parmi les principaux facteurs de propagation du virus.
Les organisations impliquées dans la riposte, comme CORACON à travers les différentes émissions radios, poursuivent leurs activités de sensibilisation afin de renforcer davantage l’adhésion des populations aux mesures de prévention et de contribuer à interrompre durablement la chaîne de transmission de la maladie.
Lydia Combe

