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    La construction des ouvrages étant achevée dans les localités de Tchomia et Katoto, le Fonds au profit des victimes, en collaboration avec le consortium AMAB-ODH, a procédé à leur remise officielle aux communautés bénéficiaires. Les cérémonies se sont tenues le 08 décembre 2025 à Tchomia et le 11 décembre 2025 à Katoto.

    La remise de ces salles polyvalentes marque l’aboutissement des travaux réalisés dans le cadre des réparations symboliques. Les cérémonies ont été présidées par la Docteure Jeanne Alasha, conseillère du gouverneur militaire, représentant l’autorité provinciale aussi bien à Tchomia qu’à Katoto.

    Dans son intervention, la représentante du gouverneur militaire a souligné la portée symbolique de ces ouvrages. Pour elle, ces bâtiments rappellent un passé douloureux tout en incarnant un engagement international clair : celui de reconstruire, de réparer et de restaurer la dignité humaine des communautés affectées.

    Pour les habitants, la signification de ces infrastructures va bien au-delà de leur utilité matérielle. « Cette salle symbolise la paix et l’unité », confie une femme de Katoto, traduisant le sentiment largement partagé au sein de la population.

    Photo de famille.

    La construction de ces salles vise également à renforcer l’appropriation communautaire et la durabilité des ouvrages, notamment à travers la mise en place de comités de gestion. L’initiative entend favoriser un sentiment de reconnaissance, de réconciliation et d’engagement collectif autour de ces espaces appelés à servir de lieux de rencontre, de dialogue et de cohésion sociale.

    Ces réalisations s’inscrivent dans le cadre du Programme de réparations collectives consécutif à la condamnation de Thomas Lubanga Dyilo et de Bosco Ntaganda par la Cour pénale internationale. Ce programme est mis en œuvre par le Fonds au profit des victimes, avec le consortium des ONG AMAB-ODH retenu comme partenaire d’exécution du projet de réparations collectives symboliques dans les localités de Tchomia et Katoto, mais aussi à Mahagi et Rwampara, en province de l’Ituri.

    Le chef de la chefferie de Bahema Nord à Djugu a salué cette initiative, évoquant un climat d’accalmie observé dans sa juridiction et estimant que ces infrastructures constituent un signal fort en faveur de la paix durable.

    Le projet vise à renforcer les efforts déjà engagés pour réparer les préjudices psychologiques subis par les victimes de l’enrôlement, de la conspiration et de l’utilisation d’enfants de moins de 15 ans dans les hostilités qui ont marqué l’Ituri entre 2002 et 2003. Dans cette dynamique, des activités symboliques et interactives ont été organisées afin de reconnaître publiquement les crimes commis, restaurer la dignité des victimes, sensibiliser le public à l’impact des préjudices subis et promouvoir la non-répétition de tels événements, dans une perspective de cohabitation pacifique entre les communautés.

    À Tchomia, où une salle polyvalente faisait cruellement défaut, les autorités locales se sont réjouies de cette réalisation.

    « Cette salle représente beaucoup pour nous. Son nom renvoie à l’harmonie entre les personnes. Nous voulons qu’elle soit un véritable espace de paix, un lieu où les idées se rencontrent pour promouvoir la culture de la paix », a déclaré une autorité locale.

    Le projet poursuit deux objectifs spécifiques majeurs : favoriser la prise de conscience et la reconnaissance, au sein des communautés concernées, des crimes pour lesquels Thomas Lubanga a été condamné et des préjudices causés aux victimes et à leurs familles, à travers la construction de cinq structures symboliques de commémoration ; et réduire de manière significative la stigmatisation dont sont victimes les anciens enfants soldats, afin de faciliter leur réintégration et leur réhabilitation au sein de leurs communautés.

    Dans le cadre du premier objectif, le consortium AMAB-ODH a lancé, depuis juin 2023, la construction de quatre salles polyvalentes à Rwampara, Tchomia, Katoto et Mahagi. Les travaux ont été réalisés par l’entreprise ARCHIFLAST.

    Les cérémonies de remise se sont déroulées en présence de nombreuses personnalités, notamment les autorités politiques et administratives, les membres de la société civile, la MONUSCO, les chefs des agences du système des Nations Unies, les représentants d’organisations internationales, les partenaires du Fonds, le personnel de la Cour ainsi que d’autres invités de marque.

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    À travers ces ouvrages, les communautés de Tchomia et Katoto disposent désormais de lieux porteurs de mémoire, mais surtout tournés vers l’avenir, où la paix, la réconciliation et la dignité humaine peuvent continuer à se construire, ensemble.

    Verite Johnson

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