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    À l’occasion du mois dédié aux droits des femmes, l’Association des Femmes Juristes du Congo (AFJC) a mené une activité de sensibilisation sur les violences basées sur le genre (VBG) sur un site de déplacés à Tsere, en province de l’Ituri.

    Conduite par Maître Espérance Masika, coordinatrice nationale de l’association basée à Bunia, cette descente visait à briser le silence autour d’un phénomène qui touche particulièrement les femmes et les filles en situation de vulnérabilité.

    Placée sous le thème « Brisons le silence », l’initiative a permis d’engager un dialogue direct avec des femmes vivant dans des conditions précaires, souvent éloignées des structures d’accompagnement.

    « Quand on est dans un site de déplacés, on est parfois isolé. En tant que défenseurs des droits de la femme, nous devions descendre sur le terrain pour comprendre la réalité que vivent ces femmes », a expliqué Maître Espérance Masika.

    Au cœur des échanges : la nécessité de dénoncer les violences. Pour l’AFJC, le silence reste l’un des principaux obstacles à la protection des victimes.

    « Nous sommes venues rappeler à ces femmes et à ces filles qu’il faut apprendre à dénoncer. Dénoncer un cas de violence, c’est sauver une vie. C’est aussi se protéger », a-t-elle insisté.

    L’association alerte également sur une forme de violence moins visible mais très répandue dans les sites de déplacés : le viol socio-économique. Selon sa coordinatrice, la précarité extrême expose de nombreuses femmes et jeunes filles à des abus.

    « Le manque de moyens pousse certaines vers des pratiques à risque, notamment la prostitution, ce qui augmente leur exposition aux violences », a-t-elle déploré.

    L’AFJC annonce la poursuite de ses interventions, avec un accent prochain sur la santé sexuelle et reproductive des jeunes filles.

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    Au-delà du site de Tsere, l’association appelle l’ensemble des femmes congolaises, en particulier celles de l’Est du pays, à s’informer sur leurs droits et à adopter des mécanismes de protection.

    « Les violences existent, mais nous devons faire l’effort de nous informer. Une femme informée est une femme protégée », a souligné Maître Masika.

    l’AFJC lance un appel aux partenaires techniques et financiers afin de soutenir durablement ses actions sur le terrain, dans un contexte où les besoins restent immenses.

    Grâce Kasemire

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