Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a officiellement mis fin, depuis le mardi 31 mars 2026, à son appui au centre de santé de Rubingo, situé en chefferie des Bahema Boga, territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri.
L’annonce a été faite à Bunia par le chef de la sous-délégation du CICR, Brou Celestin Peglan, lors d’un point de presse.
Selon lui, cette décision s’explique par l’amélioration significative des capacités de la structure sanitaire à offrir des soins de qualité.
« Compte tenu de l’amélioration de la performance du centre de santé dans sa capacité à fournir des soins de qualité aux patients après quatre ans de notre appui, le CICR va désormais concentrer son assistance sur d’autres zones plus affectées par les conflits », a-t-il déclaré.
Un appui lancé en pleine crise sécuritaire
Le CICR était intervenu au centre de santé de Rubingo en mars 2022, dans un contexte marqué par les violences armées qui avaient fortement dégradé l’accès aux soins dans la région.
Son appui comprenait notamment :
la fourniture de médicaments et d’intrants médicaux ; le renforcement des capacités du personnel soignant ; une prise en charge partielle des coûts de fonctionnement.
Grâce à ce soutien, plusieurs services ont été rendus gratuits, notamment :
les soins de santé primaires pour les enfants de moins de 15 ans et les femmes enceintes ;
la prise en charge des blessés par armes et des survivantes de violences sexuelles ;
les services de santé mentale et psychosociaux.
Des résultats significatifs enregistrés
Durant ces quatre années d’intervention, le CICR revendique des résultats importants :
plus de 57 000 patients pris en charge gratuitement ;
1 657 références médicales vers l’hôpital général de Boga ;
plus de 2 100 accouchements assistés gratuitement ;
environ 11 700 bénéficiaires des services de santé mentale.
Des infrastructures ont également été construites ou réhabilitées, notamment des latrines, une zone de gestion des déchets et un mur de clôture.
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Un véhicule d’ambulance a aussi été mis à disposition pour faciliter le transfert des patients.
Sur le terrain, les responsables du centre de santé estiment être désormais capables de fonctionner sans cet appui extérieur.
« La situation a évolué. Un grand nombre de déplacés ont regagné leurs villages et nous sommes aujourd’hui en mesure de nous prendre en charge », affirme sœur Modestine Ndjaleve, infirmière titulaire du centre.
Elle souligne toutefois que les difficultés d’approvisionnement en médicaments avaient longtemps été un défi majeur en raison de l’insécurité.
Un désengagement partiel, pas un retrait
Le CICR précise que ce désengagement ne signifie pas un départ de la zone de Boga.
L’organisation maintient ses activités dans la région, notamment : l’appui au centre de santé de Tchabi ; le soutien aux structures sanitaires de Djugu, dont Kilo Mission et Kilo État ; le suivi de la situation humanitaire et le renforcement de la résilience communautaire.
À travers cette décision, le CICR affirme vouloir rediriger ses ressources vers des zones encore fortement affectées par les conflits armés, où l’accès aux soins reste critique.
Ce repositionnement s’inscrit dans une logique d’intervention humanitaire ciblée, adaptée à l’évolution des besoins sur le terrain.
Rédaction

