À l’occasion de la Journée mondiale des orphelins de guerre, le chef de division provinciale du Genre, Famille et Enfant en Ituri, Jean-Marc Mazio, a dressé un état des lieux de la protection de l’enfance dans une province profondément affectée par les conflits armés. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité familiale et communautaire pour garantir l’avenir des enfants privés de protection parentale.
Jean-Marc a rappelé que les orphelins de guerre bénéficient, au même titre que tous les enfants vulnérables, des garanties prévues par les instruments juridiques de la République démocratique du Congo. Il a notamment cité la loi portant protection de l’enfant, qui définit les mécanismes de prise en charge, de suivi et de protection.

Selon lui, ces enfants ne sont pas oubliés par l’État, même si le contexte sécuritaire complique l’application effective de certaines dispositions légales.
Dans le cadre du renforcement des structures de protection, la province de l’Ituri bénéficie de la construction d’un centre d’encadrement à Bunia grâce à Enabel sous financement de l’Union Européenne . Cette infrastructure est destinée à accueillir les enfants non accompagnés ainsi que ceux vivant en situation de rue.
Ce centre servira de structure transitoire, en attendant des solutions plus durables pour leur réinsertion sociale.
Malgré la mise en place de centres d’accueil, la Division du Genre, Famille et Enfant privilégie la prise en charge familiale. Pour Jean-Marc, la famille demeure le cadre naturel de l’épanouissement de l’enfant.
« L’enfant est fait pour grandir dans une famille »a-t-il insisté.
Il a appelé les oncles, tantes et membres de la communauté à accueillir les orphelins afin de préserver leur équilibre psychologique et social.
Sur le plan éducatif, la Division ne gère pas directement des établissements scolaires, mais joue un rôle de sensibilisation et de plaidoyer. Elle collabore avec les services sectoriels pour que les besoins spécifiques des orphelins et autres enfants vulnérables soient pris en compte dans le système éducatif formel. L’objectif est de favoriser leur intégration scolaire et de prévenir l’exclusion, a-t-il fait savoir.
Réagissant aux critiques sur le rôle de l’État face aux initiatives privées, Jean-Marc a souligné que la protection de l’enfant est une responsabilité partagée entre les pouvoirs publics, les organisations de bonne volonté et les structures privées.
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Il reconnaît toutefois que les ressources disponibles restent insuffisantes pour assurer une prise en charge globale et durable de tous les enfants concernés, malgré les efforts des ONG et des associations locales.
Pour le chef de division, l’aide humanitaire seule ne saurait mettre fin au cycle de vulnérabilité des enfants en Ituri. Il estime que la paix demeure la condition essentielle pour une protection durable.
« Tant qu’il y aura de la violence, le cycle continuera », a-t-il averti, appelant à la fin des hostilités afin de permettre aux familles de regagner leurs villages et de protéger leurs enfants dans un environnement stable.
Grâce Kasemire

