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    vendredi, 12 décembre 2025

    À Mahagi, l’attente devient lourde. Les promesses d’asphalter les routes s’enchaînent, mais sur le terrain, rien ne change vraiment. Les chaussées non revêtues se dégradent de jour en jour : poussière étouffante en saison sèche, flaques d’eau stagnantes et boue profonde dès que la pluie tombe. Même le centre de Mahagi perd toute allure après une pluie. La population parle d’un « malheur à plusieurs visages ».

    Pourtant, le territoire joue un rôle économique majeur. Mahagi est l’une des principales portes d’entrée de la RDC en provenance de l’Ouganda. Chaque jour, des dizaines de camions franchissent la frontière, alimentant le trésor public. Le poste douanier reste très fréquenté et génère des recettes importantes, malgré les rumeurs de détournements par moment.

    Mais malgré son importance stratégique, Mahagi n’a toujours aucune route asphaltée. Des habitants n’ont pas oublié les engagements du Chef de l’État, qui avait promis d’y amener le macadam lors de sa dernière campagne électorale. Ils se rappellent aussi l’annonce des opérateurs pétroliers, prêts à augmenter leur contribution pour appuyer les travaux d’asphaltage, notamment dans le territoire.

    La société civile, elle, ne cache pas son amertume. Pour elle, il s’agit d’un besoin vital : « Le territoire accompagne ce projet, mais rien n’avance. C’est un besoin réel, ici », déplore-t-elle.

    À Mahagi, Innocent Wabekudu, figure de la société civile, renchérit : « Même pour les routes du PDL-145T, nous ne constatons aucune évolution. Les axes Mahagi-Mahagi Port, Djengu-Ndawe, Mahagi-Ndrele, Gonyeri-Djalasiga, Katanga-Nioka… partout, ce ne sont que routes soient coupées et tracés difficilement praticables. »

    Malgré cette situation, un brin d’espoir subsiste : beaucoup croient encore que ces routes finiront un jour par recevoir le revêtement qu’elles méritent.

    Au poste frontalier d’Anzida, Bienvenue Cobidongo, président de l’Union nationale des déclarants en douane, résume bien le désarroi des opérateurs économiques : « Le besoin, c’est l’asphalte. La route MahagiBunia est devenue un calvaire. Un trajet de quelques heures se transforme en plusieurs jours».

    Même parcourir les 14 kilomètres entre le centre de Mahagi et la barrière est un combat : bourbiers, poussière, tout y est. Certains conducteurs travaillent à la douane relèvent que les véhicules s’abîment à vue d’œil. « Nous payons nos obligations, maintenant nous attendons que le gouvernement fasse sa part. » a lancé l’un d’eux.

    À lire aussi : Ituri : les pétroliers prêts à signer un avenant pour élargir leur contribution à l’asphaltage des routes vers Aru et Mahagi

    À la frontière, le contraste saute aux yeux : côté ougandais, on roule immédiatement sur l’asphalte ; côté congolais, la route attend toujours sa première couche de macadam. Deux pays voisins, deux réalités diamétralement opposées en matière d’infrastructures.

    Rédaction

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