Le comité de sécurité du territoire d’Aru, en province de l’Ituri, a tenu ce jeudi 30 avril 2026 à Ariwara une réunion de sécurité élargie. Cette rencontre s’inscrit dans une démarche d’écoute de la population en vue de restaurer la paix, particulièrement dans le centre commercial d’Ariwara.
La réunion, dirigée par l’administrateur adjoint du territoire d’Aru, le colonel Robert Mande Bwemba, visait à faire un état des lieux de la situation sécuritaire dans cette zone, secouée par de fortes tensions depuis le début du mois d’avril.
» Face à une recrudescence de la criminalité à Ariwara, nous sommes venus vers la population pour chercher à rétablir un dialogue pour sécuriser cette zone stratégique » a fait entendre l’administrateur adjoint d’Aru.
Depuis le 25 avril 2026, Ariwara est en grande partie paralysé par une grève des opérateurs économiques, un mouvement suivi à près de 90 % selon la société civile.
» Des hommes armés s’introduisent régulièrement dans les domiciles et les commerces pour dérober des sommes importantes. Aujourd’hui notre économie n’est pas protégé, il y’a le problème de la porosité des frontières avec l’Ouganda et le Sud Soudan, maque de la bonne collaboration avec le service et moyen de mobilité pour la PNC Ariwara... » a déclaré le président Fec Zaki.
Alors que cette réunion d’écoute se tient, cinq jours se sont déjà écoulés depuis le dépôt d’un mémorandum par les opérateurs économiques et la société civile. Dans ce document, ils exigent notamment des enquêtes sérieuses ainsi que le remplacement de certains agents de sécurité jugés inefficaces.
Au cours des échanges, plusieurs doléances ont été exprimées par la notabilité, les organisations féminines et les forces vives d’Aru. Toutes ont convergé vers un objectif commun : retrouver la quiétude qui a longtemps caractérisé le territoire.
À lire aussi : Ituri : des voix s’élèvent pour l’implication personnelle du gouverneur dans la paix à Aru
Malgré les assurances des autorités, qui évoquent la mise en place de commissions chargées d’identifier les auteurs des crimes, la méfiance reste perceptible au sein de la population. Beaucoup appellent à un renforcement de la justice de proximité et à une présence plus visible des forces de sécurité, afin de faire face aux « hommes armés non autrement identifiés » et de restaurer un sentiment de sécurité durable.
Etsoni Ondoa Isaac

