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    Dans une province sous état de siège depuis plus d’une année, un groupe de résistance baptisé « mouvement d’autodéfense populaire de l’Ituri » vient de signer, ce jeudi 22 décembre 2022, sa sortie officielle.

    S’appuyant sur les dispositions des articles 63 et 67 de la constitution de la République démocratique du Congo (RDC), cette équipe “ rappelle à toute la jeunesse de l’Ituri de s’engager en résistant avec la dernière énergie contre les massacres de ces groupes armés qui, depuis 2017, ont poussé la jeune province dans une pauvreté totale, dont le déplacement massif, refuge, tueries, pillages, viols des femmes, violations des droits humains et de la population ”, peut-on lire dans leur déclaration.

    Justifiant la création de ce mouvement, ces membres disent soutenir et « matérialiser » le message lancé par le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Luboya N’Kashama Johnny, tenu à Komanda en avril 2022 en swahili « wavijana musiache mungini ianguke ku mukono ya adui », traduisez « jeunes, ne laissez pas votre entité tombée entre les mains des ennemis ».

    Notre action de résistance contre les violations massives des droits de l’homme perpétrées par CODECO et FPIC s’inscrit dans la logique des autorités de la province qui se sont succédées en tête de cette province dont réclamons le retour de nos populations dans leurs villages respectifs ”, a dit Kabaseke Jiro Justin, se présentant comme porte-parole de ce mouvement.

    Dans cette communication parvenue à la rédaction de buniaactualite.cd, ce groupe dit « soutenir l’armée congolaise, la MONUSCO, l’EAC et les institutions de la République ». Par ailleurs, ce message signé à Bini ce jeudi 22 décembre 2022, revient aussi sur certaines recommandations.

    Demandons au gouvernement provincial de retirer tous les groupes armés qui sont dans la ville de Bunia et qui occupent illégalement certains villages d’autrui. Nous réclamons que la justice soit faite, nous réclamons aussi que les gouvernements national et international s’occupent de tous les enfants déplacés qui sont confondus aux enfants de la rue, nous réclamons la restauration de l’autorité de l’Etat ”, a-t-il ajouté.

    Niant son appartenance au groupe d’autodéfense dit « Zaïre », ce mouvement dit être pour tout citoyen congolais, indique qu’il apporte son total soutien aux FARDC pour combattre contre tous ceux qui déstabilisent la province.

    Nous sommes prêts à combattre tous les ennemis de la paix locaux et étrangers qui veulent mettre la République en péril ”, conclu ce document.

    Suivez leur déclaration en vidéo.

    Contacté, le porte-parole du gouverneur Luboya, le lieutenant Jules Ngongo, étant aussi le communicateur des opérations militaires en Ituri, s’est « réservé de tout commentaire » pour le moment.

    Par ailleurs, la société civile forces vives de l’Ituri dit ne pas soutenir cette initiative et décourage les initiateurs, rappelant qu’il revient uniquement à l’État congolais de garantir la protection des civils et de leurs biens.

    C’est sans objet à ce moment où l’Etat congolais a pris toutes les disponibilités pour arrêter avec toutes sortes de mouvement insurrectionnel. Nous avons le gouvernement, nous avons une armée qui peut combattre toutes sortes de rébellion. On a pas besoin de groupuscule avec les armes ”, a insisté l’ingénieur Dieudonné Lossa, coordonnateur de cette structure citoyenne.

    Ce nouveau mouvement arrive pendant que la province est bouleversée par l’activisme des groupes armés ces dernières semaines. Des ADF qui tuent à Irumu, des miliciens CODECO à Djugu et Mahagi, ainsi que le groupe d’autodéfense Zaïre Mazembe qui déstabilisent aussi une autre partie de l’Ituri.

    David Ramazani

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