Archives
    mercredi, 10 décembre 2025

    Le 17 novembre marque la reprise du procès de Jamil Mukulu, figure historique des ADF, arrêté en 2015 en Tanzanie puis extradé vers l’Ouganda. Devant la division des crimes internationaux de la Haute Cour de Kampala, il fait face à de lourdes accusations : terrorisme, assassinats et crimes contre l’humanité.

    Le mouvement ADF, né en Ouganda dans les années 1990, est aujourd’hui surtout actif dans l’est de la RDC principalement au Nord-Kivu et en Ituri.

    Cette procédure, relancée après une suspension liée à des difficultés de traduction, est très attendue. Son ouverture en octobre 2025 avait suscité beaucoup d’espoir. Pour Sarah Awelo, avocate de plusieurs victimes, cette étape est cruciale :

    « Pour elles, c’est enfin une lumière après des années d’attente. Elles veulent être entendues et obtenir justice. Ce procès ne concerne pas seulement l’Ouganda ; il envoie aussi un message clair aux groupes armés : tôt ou tard, chacun devra répondre de ses actes. » Propos recueillis par RFI.

    Mukulu et plus de vingt coaccusés doivent répondre de plusieurs crimes attribués aux ADF, notamment des meurtres ciblant des personnalités religieuses musulmanes, ainsi que diverses attaques menées entre la fin des années 1990 et 2015. Parmi les événements les plus marquants figure l’attaque de l’école de Kichwamba en 1998.

    À l’époque, les ADF se présentaient comme défenseurs de communautés musulmanes marginalisées et opposants au pouvoir du président Yoweri Museveni.

    Du côté des victimes, la comparution de Mukulu est perçue comme un pas important. À nos confrères de la Radio France, Hassan Ndugwa, fondateur de l’Association des victimes de terrorisme en Ouganda, estime toutefois que la justice ne suffit pas :

    « Voir Mukulu devant les juges est une avancée. Mais les conséquences des attaques sont profondes. Il faut aller plus loin : offrir des soins de longue durée, créer un fonds d’indemnisation, accompagner la réhabilitation. La reconnaissance des victimes est essentielle. »

    À lire aussi : Ituri : comment les ADF ont imposé une taxe aux agriculteurs de Mambasa pour accéder à leurs champs ?

    La défense, elle, continue de dénoncer la durée exceptionnelle de la détention provisoire de Mukulu et évoque des cas de mauvais traitements en prison. Plusieurs tentatives visant à obtenir la suspension du procès ont été rejetées ces dernières années.

     

    Verite Johnson

    Leave A Reply

    error: Content is protected !!