Plusieurs centaines de personnes ont déjà été déclarées guéries de la Maladie à virus Ebola depuis la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie en République Démocratique du Congo, annoncée le 15 mai 2026 par le ministre de la Santé, Docteur Roger Samuel Kamba Mulamba.
Ces guérisons contribuent progressivement à modifier la perception d’une partie de la population. Au début de l’épidémie, de nombreuses rumeurs circulaient, certains habitants estimant que toute personne admise dans un Centre de traitement Ebola (CTE) était condamnée. L’expérience acquise sur le terrain montre toutefois qu’une prise en charge médicale rapide améliore considérablement les chances de survie.
À Komanda, dans le territoire d’Irumu, une jeune survivante témoigne avoir retrouvé l’espoir après avoir été admise dès l’apparition des premiers symptômes.
« Je dis merci à tous les corps soignants. Je ne savais pas si je pouvais sortir d’ici vivante », confie-t-elle avec émotion après sa guérison.
Interrogé par buniaactualite.cd, le Dr Antoine Mupi, membre du pilier Communication des Risques et Engagement Communautaire (CREC) et facilitateur lors d’une formation des journalistes organisée par CORACON sous l’appuie de Mercy Corps, explique que la rapidité de la prise en charge demeure l’un des facteurs les plus déterminants.
« Si la personne atteinte se présente à temps au centre de traitement, il y a une forte chance de guérir », affirme-t-il.
Le médecin précise que les premiers signes de la maladie peuvent être confondus avec ceux du paludisme.
« La fièvre et les courbatures, qui ressemblent un peu à la malaria, sont les premiers signes, appelés phase grippale. Les vomissements et les diarrhées correspondent à la phase liquidienne », explique-t-il.
Selon ce spécialiste, certaines personnes peuvent également guérir même lorsque la maladie a déjà évolué.
« Il y a eu des personnes qui étaient à la phase liquidienne et qui ont également guéri, mais avec une probabilité moindre », ajoute-t-il.
En revanche, la phase hémorragique reste la plus critique.
« À la troisième phase, la personne saigne et c’est la phase la plus dangereuse », souligne le Dr Antoine Mupi
Les équipes médicales insistent ainsi sur l’importance de consulter dès l’apparition des premiers symptômes notamment la fièvre, les maux de tête, les douleurs abdominales, les vomissements ou les diarrhées afin d’augmenter les chances de guérison et de limiter la transmission du virus au sein de la communauté.
À ce jour, cinq provinces sont touchées par l’épidémie : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé. L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, avec 25 des 36 zones de santé de la province concernées par la riposte.
Cependant, grâce aux campagnes de sensibilisation menées par les acteurs de la riposte et la communication stratégique, la situation évolue progressivement.
Parmi les organisations impliquées figure CORACON, à travers le programme de Stabilisation Réactive par la Transition (RESET/Nguzo ya Mabadiliko) mis en œuvre en consortium avec Mercy Corps, Justice Plus, APC et SOFEPADI, sous le financement du gouvernement Britannique à travers FCDO/UKAID.
Lydia Combe

