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    Alors que les autorités sanitaires multiplient les appels à la vigilance face à l’épidémie d’Ebola qui menace l’Ituri, la réalité observée dans certains sites de déplacés de Bunia suscite de vives inquiétudes. Au site de Kigonze, l’un des plus grands de la ville, plusieurs déplacés dénoncent un abandon presque total en matière de prévention.

    Sur place, rien ou presque ne laisse penser qu’une épidémie est en cours. À l’entrée du site, aucun kit de lavage des mains n’est visible. Pas de gel hydroalcoolique, ni dispositif de contrôle sanitaire. Les habitations, construites les unes contre les autres, rendent difficile toute distanciation physique. Les activités quotidiennes se poursuivent normalement, comme si la menace n’existait pas.

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    Quelques habitants disent avoir reçu des messages de sensibilisation, mais cela reste largement insuffisant.

    « Nous avons été sensibilisés ici au site », affirme un déplacé rencontré à Kigonze.

    Une sensibilisation qui peine toutefois à produire des effets concrets. Dans un contexte de grande précarité, plusieurs familles disent ne pas avoir les moyens de se procurer elles-mêmes des gels hydroalcooliques ou du savon.

    « Nous n’avons pas de kits de lavage de mains ici. Voilà, regardez l’entrée, il n’y a rien ici. Que nos autorités pensent aussi à nous », plaide un autre déplacé, visiblement inquiet.

    La situation humanitaire reste particulièrement fragile dans ce site qui accueille des milliers de personnes ayant fui l’insécurité dans différentes zones de l’Ituri. Pour ces familles déjà éprouvées par les violences, la menace d’Ebola vient ajouter une nouvelle couche d’angoisse.

    « Nous courons plusieurs risques ici. Que les autorités nous viennent en aide », lance un taximan déplacé vivant dans le site.

    Au fil de la ronde effectuée à Kigonze, un constat s’impose : les gestes barrières sont loin d’être une priorité pour de nombreux déplacés, davantage préoccupés par leur survie quotidienne. La promiscuité, le manque d’eau, l’absence de dispositifs de prévention et les conditions de vie difficiles compliquent davantage l’application des mesures sanitaires recommandées.

    Même la distanciation physique y paraît presque impossible. Du moins, non respecter jusqu’ici.

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    Dans ce vaste site de déplacés, tout continue à fonctionner normalement malgré les alertes sanitaires. Une situation qui inquiète plusieurs habitants, conscients du danger qu’une éventuelle contamination pourrait représenter dans un milieu aussi exposé.

    « Nous sommes oubliés. Nous souffrons ici et voilà même l’Ebola est arrivé. On ne sait même pas comment faire », confie un autre déplacé.

    Les besoins les plus urgents restent l’installation des kits de lavage des mains, l’approvisionnement en savon et en gels hydroalcooliques ainsi que le renforcement de la sensibilisation communautaire. Car si l’épidémie venait à atteindre pleinement ce site, les conséquences pourraient être catastrophiques pour ces populations déjà frappées par une double, voire une triple vulnérabilité.

    Verite Johnson

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