Suite à la répétition des attaques sur le site de déplacés Djaiba et dans les villages environnants du groupement Djaiba en chefferie de Bahema Badjere en territoire de Djugu, 4 villages dudit groupement de la province de l’Ituri viennent de se vider de leurs habitants depuis le 12 février 2025.
Ceci après que la CODECO ait fait un score de 52 civils tués le 11 février dans les villages Lindu et Lodda, puis fait un come-back dans le site de déplacés Djaiba le 12 février, où ils ont tué 8 civils et blessé plusieurs autres avant d’incendier une trentaine de maisons. Le chef de la chefferie attaquée parle d’une extermination de sa population en présence des autorités sécuritaires et onusiennes.
Richard Dheda révèle que, suite à cette situation sécuritaire, les habitants ayant vidé leurs villages se dirigent pour les uns à Bule et pour d’autres à Bunia, mais sa crainte est que Bule aussi ne soit pas attaqué, car regorgeant maintenant d’un grand nombre de la population.
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Ce coutumier qui annonce que l’enterrement de 51 civils tués le 11 février est déjà passé le même jour rappelle que l’unique demande dans sa juridiction est le renforcement des militaires pour étouffer cette menace.
Que pensent les couches sociales et politiques ?
Appuyant l’aspect de l’extermination, l’association culturelle Ente regroupant le peuple Hema dit avoir constaté, malgré leurs alertes, la passivité des services de sécurité.
Ngadjole Jean-Claude regrette aussi le propos de certaines personnalités qui qualifient toujours les tueries de CODECO comme des représailles, une manière : « d’encourager le groupe armé CODECO à poursuivre ses exactions ».
Le député provincial Floribert Byaruhanga pense que la situation sécuritaire de l’Ituri doit être prise au même titre que celle du Nord-Kivu, car, en Ituri, il dit avoir constaté une oubliette des massacres, pourtant sous état de siège.
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Cette attaque intervient 24 heures après celle des villages Linde et Lodda, près du site toujours le 11 février 2025, qui avait coûté la vie à 52 civils, dont 29 enfants, selon les chiffres livrés par l’association culturelle Ente regroupant le peuple Hema dont les victimes sont majoritaires. Un bilan qui a corroboré avec celui livré par les sources de la Monusco et du chef de la chefferie de Bahema Badjere. L’armée, qui avait parlé d’une représaille de la CODECO à l’attaque de Zaïre à Aar le 09 février dernier, avait promis une réponse farouche à cette aventure qui veut renaître dans le territoire de Djugu qui semblait être pacifié dans sa partie nord à part la zone minière qui reste problématique.
Nickson Manzekele

