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    Samedi 24 janvier, Beni a découvert une œuvre qui parle d’elle, de ses blessures, mais surtout de sa force. « Ce que la guerre n’a pas tué », tel est le titre du roman présenté au public par son auteur, le journaliste-écrivain Serge Mulimani. Un livre qui ne raconte pas seulement la guerre, mais ce qu’elle n’a pas réussi à détruire : la résilience, la dignité humaine.

    Dans cet ouvrage publié aux éditions Plume Noire, au Sénégal, Serge Mulimani met en lumière la résilience d’une population longtemps éprouvée par les massacres et les violences répétées dans la région de Beni, à l’Est de la République démocratique du Congo. À travers une écriture sensible et engagée, il invite chacun à s’approprier cette œuvre comme un acte de mémoire et de résistance.

    Pour l’auteur, le silence est un danger.
    Il appelle les populations à briser la peur, à nommer les crimes, à refuser l’effacement. Car oublier, c’est laisser d’autres raconter l’histoire à notre place.

    « Ce que la guerre n’a pas tué, c’est notre résilience, notre courage, notre résistance, la vie », explique-t-il, avant de souligner que :

    « Le roman appelle les victimes à ne pas se définir par la guerre, mais à rebâtir même sur les ruines, à résister, à ne pas fuir, à ne pas oublier. »

    Rosette, une voix née des ruines

    Le récit se déploie autour de Rosette, survivante d’un massacre dans le village de Tongo, un lieu ravagé où le silence semblait avoir tout englouti. Meurtrie mais debout, Rosette refuse de disparaître avec les siens.

    À travers elle, Serge Mulimani donne un visage à celles et ceux que la guerre a voulu effacer. Rosette devient une voix. Une présence. Un refus.

    Avec d’autres femmes marquées par la douleur mais portées par une force intérieure, elle fonde l’ONG « Souviens-toi », un symbole de mémoire et de résistance. Une manière de dire que les victimes d’hier ne doivent plus être celles de demain.

    Le roman ne se complaît pas dans la noirceur. Il éclaire.
    Il montre que même au cœur de la barbarie, la dignité humaine peut survivre, se relever et parler.

    Un chant de résilience, un cri contre l’oubli

    À travers une narration à la fois poignante et lumineuse, « Ce que la guerre n’a pas tué » s’impose comme un chant de résilience et un cri lancé contre l’oubli. Il rappelle que la vie ne s’arrête pas aux fosses, aux larmes et aux ruines.

    « Il s’agit d’un roman inspiré de plus de trois décennies de guerre à l’Est de la RDC », précise l’auteur.

    À propos de l’auteur

    Né en 1993 à Kiwanja, dans la province du Nord-Kivu, Serge Mulimani est titulaire d’une licence en français et langues africaines, obtenue à l’Institut Supérieur Pédagogique Masereka, où il enseigne aujourd’hui comme assistant.

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    Passionné par les textes philosophiques et les écrits des grands penseurs africains, allemands et français, il est également journaliste reporter. Il vit et travaille dans la région de Beni depuis plus de dix ans, au plus près des réalités qu’il raconte.

    Verite Johnson

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