Plus de 4 000 personnes ayant quitté le site de déplacés de Kigonze, à Bunia, vivent dans des conditions précaires, sans abri adéquat, dans plusieurs quartiers périphériques de la ville. Leur situation préoccupe les acteurs humanitaires, alors que le sort de milliers d’autres anciens occupants du site reste à déterminer.
Cette situation est notamment évoquée dans le rapport du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), publié le 15 octobre 2026 et couvrant la période du 1er au 30 septembre, consacré à l’évolution de la crise humanitaire en Ituri.
Le site de Kigonze, qui accueillait près de 19 000 personnes déplacées par les conflits armés, a été fermé à la suite des opérations sécuritaires engagées le 20 septembre par les autorités provinciales.
Selon une alerte humanitaire enregistrée le 9 octobre, plus de 4 000 anciens occupants du site, représentant environ 1 200 ménages, se retrouvent sans abri dans les quartiers Kolomani, Mudzi-Pela et Bembey.
Ces familles font face à des besoins urgents en nourriture, en eau potable, en abris, en articles ménagers essentiels et en soins de santé. La situation soulève également des préoccupations en matière de protection, particulièrement pour les enfants non accompagnés ou séparés de leurs proches.
Plus préoccupant encore, la localisation d’environ 14 000 autres personnes ayant quitté Kigonze faisait toujours l’objet d’activités de suivi, selon cette même alerte. Les acteurs humanitaires cherchent à établir leurs lieux de refuge et à évaluer leurs conditions de vie.
La fermeture du site est intervenue après plusieurs incidents sécuritaires, notamment des opérations de fouille, des tirs signalés et un incendie qui avait détruit des abris le 23 septembre.
Les autorités provinciales justifient leur décision par des impératifs sécuritaires, estimant que certains sites de déplacés situés à l’intérieur de Bunia pourraient être utilisés comme refuges par des personnes impliquées dans des activités armées.
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Cette position suscite toutefois des inquiétudes quant à la prise en charge des populations concernées, dont plusieurs avaient déjà fui les violences dans leurs localités d’origine.
Le 27 septembre, le coordonnateur humanitaire des Nations unies en RDC, Damien Mama, avait appelé à préserver la sécurité et la dignité des déplacés, rappelant que toute solution concernant leur avenir devait être volontaire, sûre et digne.
La dispersion des familles présente également un risque sanitaire. Kigonze figurait parmi les sites couverts par les activités de riposte contre Ebola. Selon les Nations unies, les déplacements non organisés pourraient compliquer la surveillance épidémiologique, le suivi des personnes contacts et la continuité des services sanitaires.
Dans une province qui comptait environ 1,09 million de déplacés internes au 7 septembre, selon OCHA, la situation de Kigonze illustre les difficultés persistantes de protection et d’assistance aux populations affectées par les conflits.
Au-delà de la fermeture du site, plusieurs questions restent sans réponse : où seront durablement accueillies les familles dispersées, quelles mesures d’assistance leur seront garanties et dans quelles conditions pourront-elles envisager un retour sécurisé dans leurs localités d’origine ?
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