Plus de 1,09 million de personnes déplacées, des dizaines de civils tués et une riposte contre Ebola perturbée par les violences armées. La province de l’Ituri reste confrontée à une crise humanitaire majeure, selon un rapport du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), rendu public le 15 octobre 2026.
Ce rapport, couvrant la période du 1er au 30 septembre et relayé notamment par certains médias congolais, révèle une dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs territoires, où les affrontements et les attaques contre les civils compliquent davantage l’accès aux services essentiels et à l’assistance humanitaire.
Dans le territoire de Djugu, la reprise des violences entre le 27 et le 30 septembre, notamment dans les zones de santé de Drodro, Fataki et Lita, aurait coûté la vie à au moins 16 civils. L’ONG PPSSP fait également état de plus de 24 600 personnes contraintes de fuir leurs habitations.
Ces violences ont directement affecté les opérations humanitaires. Certaines organisations ont temporairement suspendu leurs interventions, dont une distribution d’assistance destinée à près de 10 000 personnes. Les activités de lutte contre Ebola ont également subi des perturbations dans plusieurs localités.
La situation est tout aussi préoccupante dans le territoire de Mambasa. Selon OCHA, au moins 77 civils y ont été tués lors des violences armées enregistrées au cours du mois de septembre. Dans ce territoire, environ 80 000 personnes présentent des besoins humanitaires urgents, alors que l’insécurité limite les interventions des organisations d’assistance.
Sur le plan sanitaire, l’épidémie d’Ebola continue d’aggraver la vulnérabilité des populations. Au 30 septembre, l’Ituri comptabilisait 6 293 cas confirmés, dont 2 902 décès, selon les données reprises dans le rapport. La maladie avait touché 28 des 36 zones de santé de la province.
Le milieu scolaire n’est pas épargné. Depuis le début du mois de septembre, des cas ont été signalés dans 11 écoles, avec 13 infections confirmées et cinq décès d’enfants.
À Bunia, la fermeture du site de déplacés de Kigonze a également bouleversé la situation de milliers de personnes. Près de 19 000 déplacés ont quitté le site, dont plus de 4 000 se sont installés dans les quartiers périphériques de la ville.
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Malgré ces contraintes, les partenaires humanitaires poursuivent leurs interventions. Le rapport mentionne notamment une assistance alimentaire apportée à plus de 69 000 personnes dans les zones de santé de Mongbwalu, Nia-Nia et Bambu, ainsi que près de 30 000 consultations médicales réalisées par l’organisation ALIMA.
Face à l’ampleur des besoins, OCHA appelle à renforcer la protection des civils, à garantir l’accès humanitaire et à intensifier l’assistance aux populations affectées.
Ces données, arrêtées à différentes dates du mois de septembre, illustrent la pression simultanée exercée par l’insécurité, les déplacements forcés et l’épidémie d’Ebola sur les populations de l’Ituri.
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