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    Alors que l’attention était largement focalisée sur la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola, le briefing de presse animé le 29 mai à Bunia a également offert l’occasion aux autorités de revenir sur un autre défi majeur de la province : la sécurité.

    Aux côtés du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, et du ministre de la Santé, Roger Kamba, le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’kashama, a dressé un état des lieux de la situation sécuritaire, cinq ans après son arrivée à la tête de la province dans le cadre de l’état de siège.

    Un bilan axé sur la reconquête des territoires

    Revenant sur son arrivée en mai 2021, l’autorité provinciale a décrit une province profondément marquée par l’insécurité. Selon lui, plusieurs axes routiers étaient coupés et certaines localités pratiquement vidées de leurs habitants.

    Le gouverneur a notamment cité la réouverture de la RN27 entre Bunia et Mahagi, la sécurisation de plusieurs tronçons stratégiques ainsi que le retour progressif des populations dans des zones autrefois touchées par les violences.

    Parmi les exemples évoqués figurent Nyakunde, Boga ou encore les axes menant vers Aru et Mongbwalu, longtemps considérés comme difficiles d’accès en raison de l’activisme des groupes armés.

    1. « Dans la ville de Bunia, il n’y a que le centre ville qui était en sécurité (…) la RN27 était fermé (…) À Nyakunde j’ai trouvé 4 veilles dames à l’hôpital. Elles ne pouvaient pas fuir, elles n’attendaient que la mort », a rappelé le Général Luboya.

    Selon lui, plusieurs zones qui étaient régulièrement visées par des attaques connaissent aujourd’hui une situation relativement stabilisée, permettant à la population de reprendre progressivement certaines activités.

    Des foyers d’insécurité persistent

    Malgré ces avancées, le gouverneur reconnaît que la menace n’a pas totalement disparu.

    Il a identifié le nord du territoire de Djugu, particulièrement les environs de Bule, comme l’une des principales zones d’insécurité actuelles. Dans le territoire de Mambasa, les opérations militaires se poursuivent contre les rebelles ADF, dont les activités continuent de préoccuper les autorités.

    « Je suis le premier gouverneur a être arrivé à Mongbwalu et à arrangé cette route », affirme le chef de l’exécutif provincial.

    D’autres secteurs comme Makeke et Muchacha figurent également parmi les zones nécessitant une vigilance particulière.

    En revanche, les territoires de Mahagi et d’Aru ont été présentés comme relativement calmes. À Irumu, la situation est également jugée stable, tandis que Mambasa ne connaît, selon le gouverneur, que des incidents ponctuels liés aux mouvements des ADF.

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    Le ministre Patrick Muyaya a tenu à souligner que les problèmes sécuritaires restent concentrés dans certaines parties de la province.

    « Il y a bien évidemment la question de la sécurité. Mais c’est une insécurité bien localisée. Il ne s’agit pas de toute la province », a-t-il déclaré.

    Sur l’axe Komanda-Luna, Luboya se rappelle des incendies des véhicules. Une situation qui appartient au passé. « On pouvait incendier d’un coup plus de 100 véhicules », se rappelle le patron de l’état de siège.

    La question sensible du retour des déplacés

    Au cours de son intervention, le gouverneur a également abordé la situation des personnes déplacées.

    Estimant que plusieurs localités ont retrouvé un niveau de sécurité acceptable, il a lancé un appel au retour volontaire des populations encore présentes dans les sites de déplacés.

    Pour lui, l’Ituri dispose des ressources nécessaires pour permettre à ses habitants de reprendre une vie normale dans leurs villages d’origine.

    « Rentrez chez-vous, personne vous tuera », a-t-il lancé.

    L’autorité provinciale a toutefois reconnu l’existence de nouvelles menaces, évoquant des informations faisant état de tentatives de création de nouveaux groupes armés dans certaines zones de la province.

    « Il y a Indian Queen, Tibasima qui veulent créer un autre groupe armé », a relevé l’autorité provinciale.

    Une situation qui rappelle que malgré les progrès revendiqués par les autorités, la stabilisation de l’Ituri demeure un chantier en cours, entre consolidation des acquis sécuritaires, lutte contre les groupes armés résiduels et retour durable des populations déplacées.

    Verite Johnson

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