Le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en République démocratique du Congo, Damien Mama, exprime sa « vive préoccupation » face à la détérioration de la situation au site de déplacés de Kigonze, à Bunia, où des incidents sécuritaires signalés depuis le 20 septembre ont poussé de nombreuses familles à quitter les lieux.
Dans un communiqué publié dimanche 27 septembre 2026 à Kinshasa et parvenu à buniaactualite.cd, le responsable humanitaire indique que le site accueille près de 19 000 personnes déplacées. Il appelle à préserver son caractère civil et humanitaire et insiste sur le respect du principe de retour volontaire des populations déplacées.
« Des familles qui ont déjà tout perdu doivent pouvoir trouver sécurité et dignité là où elles sont venues chercher refuge. Les sites de personnes déplacées doivent préserver leur caractère civil et humanitaire, et toute solution concernant l’avenir de ces familles doit être volontaire, sûre et digne », déclare Damien Mama.
Cette prise de position intervient une semaine après le début d’incidents sécuritaires à Kigonze. Plusieurs familles ont depuis quitté le site. Un incendie survenu mercredi 23 septembre avait également détruit plusieurs abris et des biens appartenant aux déplacés.
Les circonstances de cet incendie restent à établir.
L’accès humanitaire perturbé
Au-delà de la situation sécuritaire, les Nations Unies alertent sur les difficultés rencontrées par les organisations humanitaires pour accéder au site.
Selon le communiqué, l’insécurité a limité leur capacité à évaluer les besoins des déplacés, à fournir une assistance vitale et à maintenir certains services essentiels de protection.
Damien Mama indique être en contact avec les autorités nationales et provinciales. Il dit poursuivre avec elles des discussions destinées à garantir la protection des personnes déplacées et à faciliter la réponse humanitaire.
Des inquiétudes également pour la riposte contre Ebola
La situation de Kigonze soulève aussi des préoccupations sanitaires.
Le site figure parmi les zones couvertes par la riposte contre l’épidémie d’Ebola en cours en Ituri. Selon la coordination humanitaire, la dispersion des familles et les difficultés d’accès au site pourraient compliquer la surveillance épidémiologique et les efforts de contrôle de l’épidémie.
L’alerte intervient dans un contexte où les acteurs de la riposte cherchent notamment à maintenir la surveillance des personnes exposées et l’accès aux interventions sanitaires dans les zones touchées.
Plus de 1,1 million de déplacés en Ituri
Selon les données communiquées par la coordination humanitaire, plus de 1,1 million de personnes sont actuellement déplacées par les conflits et les violences en Ituri. Parmi elles, plus de 373 000 vivent dans des sites de déplacés.
Le Coordonnateur humanitaire appelle à garantir la protection des civils ainsi qu’un accès « sûr et sans entrave » aux organisations humanitaires.
Il réaffirme également la disponibilité de la communauté humanitaire à accompagner les autorités dans la recherche de solutions pour les personnes déplacées.
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Cette déclaration intervient alors que plusieurs organisations locales et personnalités avaient déjà exprimé leurs préoccupations concernant la situation de Kigonze. Le Bureau d’information et de défense des droits de l’homme de Djugu avait notamment demandé que tout éventuel retour des déplacés vers leurs localités d’origine soit précédé d’une évaluation des conditions de sécurité.
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