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    L’Association des déplacés victimes de guerre (ADVG) tire la sonnette d’alarme face à la montée du phénomène de prostitution dans plusieurs sites de déplacés situés en ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

    Dans une alerte rendue publique ce jeudi 11 février 2026, son coordonnateur, Olivier Bavi Karba, affirme que plusieurs filles, y compris des mineures, s’adonneraient à cette pratique en raison des conditions de vie précaires dans les camps.

    Selon lui, aux heures vespérales, certaines jeunes filles en situation de vulnérabilité se rendent dans les rues à la recherche d’hommes susceptibles de leur donner un peu d’argent en échange de relations sexuelles.

    Une situation qui, d’après l’ADVG, expose les sites de déplacés à de graves risques sanitaires. L’association craint notamment la propagation des infections sexuellement transmissibles (IST) au sein de ces communautés déjà fragilisées.

    « Avec ce que nous observons dans les sites, il est évident que les infections sexuellement transmissibles circulent parmi les déplacés », a déclaré Olivier Bavi Karba.

    À cette occasion, il appelle les organisations humanitaires œuvrant dans la protection des droits des femmes et des enfants à renforcer leur présence dans les sites, à travers des actions de sensibilisation et d’assistance sociale.

    « Que les organisations humanitaires nous viennent en aide. Les conditions de vie poussent certaines filles à poser des actes regrettables. Il faut multiplier les campagnes de sensibilisation et identifier les cas de mariages précoces dans les abris », a-t-il ajouté.

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    Abordant la responsabilité parentale, le coordonnateur de l’ADVG déplore le manque d’encadrement dans les camps.

    « Dans une petite hutte, vous trouvez le père, la mère et les enfants dormant tous ensemble, sans séparation. Cela pose un véritable problème d’encadrement », a-t-il souligné.

    L’ADVG appelle également le gouvernement à restaurer l’autorité de l’État et à rétablir durablement la paix afin de permettre le retour des déplacés dans leurs milieux d’origine.

    « Que le gouvernement impose la paix pour que ces déplacés puissent regagner leurs villages, car nous courons déjà de grands risques », a-t-il conclu.

    À ce jour, la province de l’Ituri compte 68 sites de déplacés, selon les données de la même structure.

    Lydia Tchombe

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