L’assassinat de l’artiste musicien révolutionnaire Delcat Idenco a provoqué une vague d’indignation à travers la classe politique et sociale en République Démocratique du Congo. Tandis qu’à Beni, de nombreuses personnes ont exprimé leur colère dans les rues, plusieurs personnalités publiques ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour rendre hommage à ce fils de la région de Beni.
La rectrice de l’Université d’Édimbourg en Écosse, la Docteure Debora Kayembe, a exprimé sa tristesse et son admiration pour l’artiste, soulignant son rôle essentiel dans la lutte contre l’occupation étrangère, notamment par le Rwanda. Sur X, elle a écrit : « Il était une voix puissante contre l’occupation étrangère, principalement le Rwanda. Il était la voix qui ramenait à la raison le gouvernement congolais ! »
L’artiste a été tué quelques heures après avoir publié une chanson dénonçant la politique d’occupation. Dans ce titre, il chantait : « Vous serez exterminés ici, personne ne va fuir, Tshisekedi vous a trompé, Ce pays appartient aux Congolais ».
Une profonde tristesse habite également le journaliste culturel Verite Johnson, qui a côtoyé Delcat pendant de nombreuses années. Sur sa page Facebook, il a rendu hommage à l’artiste en ces termes : « C’est toute une génération d’artistes et de fans qui perd un véritable symbole de courage et d’engagement. Je l’ai connu depuis longtemps, entre Oicha, sa terre natale, et Beni, où nous avons partagé de nombreux moments. Delcat, ce n’était pas seulement un artiste, c’était un homme de convictions, un homme avec une voix forte et claire. Il n’avait pas peur de dire ce que beaucoup n’osaient même pas penser, et cela à travers des paroles franches et sans détour. »
Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a également exprimé sa solidarité en ces mots : « Ni l’horreur, ni la terreur, encore moins le recours intempestif aux armes contre les civils innocents ne pourront éteindre la flamme de la résistance à Goma et dans tout le pays. Dans la liste de nos martyrs s’est ajouté aujourd’hui, Idenco Delcat ». Il a fermement condamné cet assassinat, soulignant l’importance de la lutte continue pour la paix et la dignité.
Noella Ayeganagato, ministre de la Jeunesse, n’a pas manqué de réagir : « Delcat Idengo a payé de sa vie aujourd’hui pour sa dénonciation contre l’occupation et la barbarie rwandaise sur notre sol. Il s’en va en symbole de l’éveil patriotique que nous avons le devoir et l’obligation de venger ».
A lire aussi : Nord-Kivu : le musicien révolutionnaire Delcat Idenco assassiné à Goma
L’assassinat de Delcat a profondément choqué l’opinion publique, suscitant de vives inquiétudes quant à la sécurité des artistes et des militants engagés contre l’occupation étrangère. Ces artistes ne sont parfois pas bien vu même par des autorités en place.
Sa famille a demandé le rapatriement de son corps à Oicha, dans la région de Beni, où se trouve sa famille biologique, afin de lui rendre un dernier hommage.
Le drame de Delphin Katembo Vinywasi alias
Delcat Idenco continue de nourrir l’inquiétude, mais aussi l’espoir que son héritage de résistance et de courage inspire la jeunesse congolaise à continuer de se battre pour la paix et la souveraineté nationale.
Rédaction

