Autorités administratives, sécuritaires et communautés locales se sont retrouvées vendredi 23 janvier 2026 à Biringi, dans le secteur de Ndo, territoire d’Aru, en province de l’Ituri, à l’occasion d’une Tribune d’expression populaire (TEP) visant à renforcer le dialogue citoyen et la confiance mutuelle.
Organisée dans le cadre du projet Nashiriki Kwa Masikilizano 2, financé par l’Union européenne, la rencontre marque le lancement d’une série d’espaces d’échanges participatifs mis en œuvre par le consortium cohésion sociale, réunissant le Norwegian Refugee Council (NRC), International Alert, Justice Plus et Search for Common Ground. La mise en œuvre locale est assurée par Mwangaza Peace, partenaire d’International Alert.
Près d’une centaine de participants ont pris part à la rencontre, diffusée également sur les antennes de la Radio Télévision Djalasiga. Membres des communautés, jeunes, leaders religieux, enseignants, société civile et opérateurs économiques ont échangé directement avec les autorités du secteur de Ndo, des chefs coutumiers ainsi que des responsables de l’armée et de la Police nationale congolaise (PNC).
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Les discussions se sont déroulées dans un climat jugé « respectueux », permettant à la population d’exprimer librement ses préoccupations sur des pratiques perçues comme nuisibles à la paix sociale et au développement local.
Parmi les sujets abordés figuraient les tracasseries routières, dénoncées comme un frein à la circulation des personnes et des biens, ainsi que la gestion du pont Kibali, principale voie d’accès au secteur des Ndo. Les participants ont alerté sur les risques d’isolement de la zone en cas de dégradation avancée de l’ouvrage, qui ne supporte que 10 tonnes. Pourtant, des véhicules de plus de 15, voire 30 à 50 tonnes y passent.
Des tensions émergentes entre les transporteurs de véhicules lourds et les communautés riveraines ont également été évoquées, appelant à une régulation concertée et à un dialogue permanent entre les parties concernées.
La question du mariage précoce a aussi occupé une place importante dans les échanges. Présentée comme une source de conflits familiaux et communautaires, cette pratique a suscité des appels à une implication renforcée des parents, des autorités coutumières et des leaders communautaires dans la sensibilisation.
À l’issue de la tribune, le chef du secteur de Ndo, Omu Athobar Israël, a salué l’initiative et souligné la responsabilité collective dans la consolidation de la cohésion sociale.
« La paix et la cohésion sociale ne concernent pas uniquement l’État. Chaque parent et chaque membre de la communauté a un rôle à jouer », a-t-il déclaré avant de remercier le projet «Nashiriki Kwa Masikilizano 2 ».
Le commandant local de la PNC a, pour sa part, insisté sur l’importance de la prévention et de la collaboration communautaire. Il a encouragé les jeunes à s’impliquer aux côtés de la police, notamment dans les patrouilles de proximité, et réaffirmé la disponibilité de la PNC à recevoir la population pour toute clarification.
Plusieurs participants ont salué la tenue de la tribune, la qualifiant « d’espace rare de dialogue direct entre autorités et administrés ». La série de Tribunes d’expression populaire se poursuivra dans d’autres entités du territoire d’Aru, notamment dans les chefferies des Kakwa, des Zaki, des Nio-Kamule ainsi que dans la commune rurale d’Aru.
Avant cette activité, des réunions préparatoires ont été organisées afin d’identifier les problématiques locales prioritaires. À travers le projet Nashiriki Kwa Masikilizano 2, les partenaires entendent contribuer à l’apaisement des tensions sociales et à la consolidation de la paix durable dans le territoire d’Aru.
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