Vital Kamerhe a réaffirmé, mercredi 14 octobre 2026, son soutien au président Félix Tshisekedi, tout en adressant de vives critiques à son prédécesseur Joseph Kabila, présenté comme le dirigeant du nouveau Front pour la refondation de la nation (FRN). L’ancien président de l’Assemblée nationale appelle à rejeter la rébellion comme moyen de conquête du pouvoir et à privilégier une issue politique aux conflits.
Dans une adresse consacrée à la situation politique et sécuritaire de la République démocratique du Congo, Vital Kamerhe a défendu la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et le respect de l’ordre constitutionnel.
« Je réaffirme mon soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, mon allié et partenaire politique », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’annonce de la création du FRN, le 12 octobre à Goma, confirme les inquiétudes exprimées par Félix Tshisekedi concernant les menaces pesant sur les institutions du pays.
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Kamerhe a appelé les Congolais, quelles que soient leurs appartenances politiques, à préserver l’unité nationale et à privilégier les moyens pacifiques pour défendre la République.
« Nous devons tous rejeter la rébellion comme mode d’accès au pouvoir. Nous devons mettre fin à ce cycle interminable de conflits suivis de dialogues, en espérant que celui que nous tiendrons sera le dernier et qu’il jettera véritablement les bases du développement de notre pays », a-t-il insisté.
Kabila appelé à répondre de ses 18 années au pouvoir
Dans la même intervention, Vital Kamerhe s’est directement adressé à Joseph Kabila, dont il a rappelé les 18 années à la tête de la RDC, entre 2001 et 2019.
« Vous avez dirigé la RDC pendant 18 ans. 18 ans pour renforcer son armée, 18 ans pour consolider ses institutions, 18 ans pour impulser le développement », a-t-il déclaré.
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L’ancien président de l’Assemblée nationale estime que Joseph Kabila ne peut se présenter comme une réponse aux difficultés actuelles du pays sans assumer sa part de responsabilité dans leur évolution.
« Vous ne pouvez pas vous présenter aujourd’hui comme un homme étranger aux blessures de notre peuple, sans responsabilité aucune sur ses fragilités, sans compte à rendre sur son histoire », a-t-il poursuivi.
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« On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur », a ajouté Kamerhe.
Un appel à placer les populations avant les ambitions politiques
Vital Kamerhe a également évoqué les souffrances des populations de l’est de la RDC, particulièrement celles du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, confrontées depuis plusieurs années aux violences armées et aux déplacements forcés.
« Votre sécurité doit passer avant nos calculs. Votre avenir doit passer avant nos carrières et votre droit de vivre doit s’imposer à toutes les ambitions », a-t-il déclaré à leur intention.
Quelques minutes avant son intervention, l’ancien président de l’Assemblée nationale avait annoncé sur son compte X consulté par buniaactualite.cd qu’il s’adresserait aux Congolais sur la situation générale du pays et la création du FRN. Il avait également annoncé un entretien avec un journaliste pour approfondir les questions d’actualité.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique particulier pour Vital Kamerhe, qui a collaboré avec les deux chefs de l’État au cœur de cette confrontation. Sous Joseph Kabila, il a notamment occupé les fonctions de secrétaire général du PPRD et de président de l’Assemblée nationale, avant de rompre politiquement avec lui en 2009. Il s’est ensuite rapproché de Félix Tshisekedi, dont il est devenu un allié politique et le directeur de cabinet à la présidence de la République, avant de retrouver la tête de l’Assemblée nationale en 2024. Son intervention marque ainsi une prise de position explicite en faveur de Tshisekedi face à un ancien partenaire politique.
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