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    Ce 25 mars 2025, Médecins Sans Frontières (MSF) a livré un bilan inquiétant des violences en Ituri, province de l’est de la République Démocratique du Congo. En une année (mars 2024 – mars 2025), 149 victimes de violences ont été prises en charge à la clinique Salama de Bunia, un chiffre qui illustre l’ampleur du drame humanitaire causé par les conflits armés.

    Des données contenues dans un rapport de MSF publié ce 25 mars 2025, et consulté par buniaactualite.cd. De mars à décembre 2024, 110 victimes ont été soignées à Bunia, dont 32% étaient des femmes et des enfants, principalement blessées par des groupes armés présumés.

    Le premier trimestre de 2025 n’a pas été plus clément, avec 39 nouvelles victimes, dont plus de la moitié (54%) sont des femmes et des enfants. Au total, 158 victimes ont été soignées dans 15 zones de santé soutenues par MSF en Ituri.

    Cependant, ces chiffres ne sont que la partie émergée de l’iceberg, car de nombreuses victimes n’ont pas pu être transférées à Bunia en raison de l’insécurité sur les axes routiers.

    Les blessures physiques sont loin d’être le seul fardeau que portent les victimes. Les séquelles psychologiques sont tout aussi dévastatrices. À Salama, en 2023-2024, 43% des symptômes diagnostiqués chez les patients étaient des traumatismes liés aux violences. L’anxiété représente 40% des cas, tandis que 9% souffrent de troubles psychosomatiques et 5% de dépression.

    Ces chiffres témoignent de l’ampleur de la détresse psychologique des victimes, souvent laissées seules face à leurs souffrances.

    À Drodro, une autre zone touchée par le conflit, les violences sexuelles et l’exposition directe ou indirecte aux violences sont les deux principaux facteurs déclencheurs des symptômes diagnostiqués par les équipes de MSF, représentant à eux seuls 63% des cas observés.

    La prise en charge de ces souffrances psychologiques est un véritable défi pour les équipes médicales, d’autant plus que la situation sécuritaire complique le travail des professionnels de santé.

    Un autre indicateur préoccupant est le suivi des soins psychiatriques, où le nombre de patients suivis a presque doublé entre la fin de l’année 2023 et 2024, signalant l’augmentation des besoins en matière de soins psychologiques dans cette région dévastée par la guerre.

    Les efforts de MSF pour soigner les victimes de ces violences se heurtent à de nombreux obstacles, dont l’insécurité. La situation reste particulièrement complexe dans un contexte de conflits persistants, où les groupes armés continuent de semer la terreur et la souffrance.

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    Verite Johnson

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