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    La situation sécuritaire continue de se dégrader dans plusieurs territoires de la province de l’Ituri, où les populations civiles restent exposées aux attaques armées, aux enlèvements et aux déplacements forcés. Selon le dernier rapport de situation publié lundi 15 juin 2026 par OCHA RDC, le territoire de Mambasa a été particulièrement touché au cours du mois de mai.

    Entre le 24 et le 31 mai, des hommes armés auraient tué 41 civils dans les aires de santé de Biakato, Matchebe et Ngubo, dans la zone de santé de Mandima. Ces nouvelles attaques portent à 198 le nombre de civils tués dans cette zone lors du seul mois de mai, selon des sources locales relayées par les acteurs humanitaires.

    Selon OCHA, ces violences illustrent la détérioration continue de l’environnement de protection dans ce territoire où les populations vivent sous la menace constante des groupes armés. Depuis février, les attaques répétées ont contraint plus de 45 000 personnes à fuir leurs localités pour trouver refuge dans la zone de Biakato, précise le rapport.

    La situation demeure également préoccupante dans d’autres territoires de la province.

    À Djugu, l’OCHA indique que malgré l’annonce d’un cessez-le-feu par un groupe armé le 14 mai, les affrontements ont repris quelques jours plus tard autour de Bule. Au moins un déplacé a été tué et dix autres blessés lors d’incidents ayant également provoqué l’incendie de plusieurs habitations. En outre, entre le 15 et le 28 mai, onze personnes déplacées ont encore perdu la vie à proximité des sites de Plaine Savo et de Rhoe.

    Dans un autre territoire, celui d’Irumu, des attaques armées ont causé la mort d’au moins 17 civils dans deux villages de la zone de santé de Komanda le 28 mai. Plusieurs habitations ont été incendiées et des civils auraient été enlevés. Ces violences ont entraîné de nouveaux mouvements de population vers le Nord-Kivu voisin.

    À Aru, plus de 70 civils auraient été enlevés entre le 11 et le 12 mai dans les villages d’Ulendere et d’Arile, avant que trois autres personnes ne soient enlevées à Nyangbare le 31 mai. Cette fois, le rapport pointe du doigt des groupes armés étrangers près de la frontière avec le Soudan du Sud comme auteurs de ces exactions.

    À Mahagi, une attaque contre plusieurs campements de pêche le 30 mai aurait causé la mort d’un civil et provoqué le déplacement de plus de 17 000 personnes vers les aires de santé d’Apala, Abia et Gengere, indique le rapport.

    Au 31 mai, l’Ituri comptait près de 999 000 personnes déplacées internes. Ces dernières sont, pour la plupart, hébergées dans des familles d’accueil ou dans des conditions précaires. Le rapport tire une signalisation rouge sur leurs conditions d’accès aux services sociaux de base et à l’assistance humanitaire.

    William Afoyogira

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