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    L’opération de la Police de Circulation Routière (PCR) visant à faire respecter le port du casque et du gilet par les motards de Bunia a pris une tournure controversée ce lundi 29 septembre. Une centaine de motos-taxis et privées ont été saisies lors d’une vaste opération de « bouclage » dans la ville.

    Cette initiative, menée conformément aux directives du Maire de la ville, a rapidement été qualifiée de « commerce » par un élu provincial.

    L’enjeu de cette mesure est d’obliger les motards à se conformer aux règles de sécurité. Cependant, le montant exigé pour la récupération des engins saisis soulève des vagues. Les propriétaires doivent s’acquitter de 35 dollars américains auxquels s’ajoutent 10 000 francs congolais d’amende, apprend buniaactualite.cd des sources concordantes.

    Une somme jugée trop élevée et qui, selon ses détracteurs, semble avant tout alimenter les caisses plutôt que de garantir la sécurité routière.

    Un député dénonce un « Commerce »

    Le député provincial élu de Bunia-Ville, Pelé Kaswara, n’a pas tardé à réagir. Il a publiquement condamné cette opération, la qualifiant de pur « commerce ». Pour l’élu, la méthode employée par la PCR ne respecte pas la procédure normale et n’a pas été précédée d’un délai de sensibilisation suffisant pour permettre aux motards de se conformer.

    « L’objectif est la sécurité, pas de prendre l’argent de la population », a-t-il pu déclarer en substance.

    L’élu de Bunia invite la mairie à surprendre cette opération momentanément cette. Selon lui, il est essentiel de réévaluer l’approche et d’accorder plus de temps à la sensibilisation avant de passer à des sanctions aussi drastiques.

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    Pour l’autorité urbaine, dans son récent communiqué, la décision fait suite à un constat alarmant : la recrudescence des cas des accidents de circulation enregistrés particulièrement sur les voies nouvellement asphaltées indiquant de ce fait que « l’objectif de la décision est d’assurer la prévention et la sécurité routière ».

    Il exige désormais aux motards de sa juridiction de :

    La plaque d’immatriculation sur leurs motos ;
    Le port du casque de protection ;

    Le port du gilet numéroté ;

    La détention d’une carte d’identification complète, tout ceci avant d’engager tout traffic sur la chaussée.

    Vers des actes de représailles à craindre ?

    Au cours d’un entretien avec la presse lundi 29 septembre dernier, Bahati Manganga, conseiller communal élu de Shari a fait mention à une situation alarmante. Selon ses constats, dans certaines entités de la ville, des motards contestataires s’en prennent à ceux ayant déjà acquis les combinaisons de sécurité exigées par le maire.

    « Si nos autorités ne veulent pas prendre en considération nos opinions, on ne sait pas comment on va gérer cela. Aujourd’hui vers Hoho les jeunes ont barricadé la route. Et ils voient les autres avec des casques, ils cassent », s’est-il inquiété.

    Pour cet élu communal, les autorités devraient surseoir dans un premier temps cette mesure, harmoniser les vues avec les associations des motards avant de revenir à l’œuvre.

    Abondant dans le même sens que d’autres, Bahati Manganga se pose la question sur l’objet réel de ce bouclage :

    « Est-ce que c’est pour la sécurité ? Ou on cherche l’argent derrière ? », tout en s’inquiétant des risques que cela pourraient comporter sur la marche de la province déjà meurtrie par des cas récurents d’insécurité.

    Cette mesure, entrée en vigueur le 25 septembre dernier est vivement contestée par des motards, les raisons vont dans tous les sens : les uns évoquent son inopportunité, d’autres accusent subtilement les autorités à vouloir les dépouiller de maigre moyen à leur disposition, ou l’absence d’une entente préalable avec leurs associations respectives, certains allant même évoquer l’insécurité à la base d’une faible fluidité de traffic à l’intérieur de la province avec ses conséquences sur leurs économies.

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    Pour l’instant malgré les vives contestations, les éléments de la police poursuivent leurs missions régaliennnes, maintenir l’ordre, faire respecter les décisions prises par les autorités.

    Rédaction

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