Archives

    L’archevêque métropolitain de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroy Rusengo, appelle le gouvernement congolais et les responsables de l’AFC/M23, désormais intégré au Front pour la refondation de la nation (FRN), à préserver l’avenir des étudiants dans les zones sous occupation rebelle. Il dénonce les conséquences du bras de fer autour de la gestion des universités publiques de Goma et de Bukavu.

    Dans une lettre ouverte datée du 10 octobre 2026, intitulée « Remets ton épée au fourreau », le prélat catholique s’inquiète des répercussions des décisions prises par les deux parties sur la continuité des études et les conditions de vie des familles déjà éprouvées par la guerre.

    « N’utilisez pas l’éducation et tout le social comme arme de guerre ou champ des batailles pour vos règlements des comptes. Soyez des parents responsables, soucieux de l’avenir de la patrie », écrit Mgr François-Xavier Maroy.

    Cette interpellation fait suite aux nominations de responsables administratifs et de comités de gestion effectuées par l’AFC/M23 dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur situés dans les zones sous son contrôle, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.

    En réaction, le ministère congolais de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations (ESURSI) avait rejeté ces nominations, avant d’ordonner, par un arrêté du 20 août 2026, la suspension des activités académiques et para-académiques dans onze établissements publics de Goma et de Bukavu pour l’année académique 2026-2027.

    Des mesures administratives ont également été prises contre des membres du personnel ayant accepté des fonctions sous l’autorité de l’AFC/M23. Le ministère avait notamment ordonné la suspension des rémunérations de 48 agents concernés, en attendant l’aboutissement des procédures engagées à leur encontre

    Pour l’archevêque de Bukavu, cette confrontation risque de pénaliser davantage les étudiants, dont certains sont invités à poursuivre leur formation dans d’autres provinces alors que leurs familles disposent de moyens financiers limités.

    Il appelle les protagonistes à privilégier le dialogue et à créer les conditions nécessaires à l’achèvement de l’année académique 2025-2026 et à la poursuite des enseignements en 2026-2027.

    Le ministère de l’ESURSI a toutefois défendu sa position. Dans une mise au point rapportée samedi 17 octobre par Actualite.cd, il estime que les nominations imposées par l’AFC/M23 portent atteinte à la gouvernance des établissements et aux prérogatives de l’autorité de tutelle.

    Selon le ministère, les décisions prises visent à préserver la régularité des actes académiques et la crédibilité des diplômes délivrés aux étudiants. Il soutient également que les responsabilités de l’État ne peuvent être assimilées aux décisions imposées par un mouvement armé.

    Pendant ce temps, le mouvement rebelle poursuit ses propres initiatives dans les établissements concernés. Jeudi 15 octobre, ses responsables ont procédé au lancement de l’année académique 2026-2027 dans six institutions d’enseignement supérieur à Bukavu, malgré la suspension décidée par Kinshasa.

    Cette situation entretient les incertitudes sur la reconnaissance des enseignements, la validité des actes académiques et l’avenir des étudiants qui poursuivent leur formation dans les établissements concernés.

    Dans sa correspondance, Mgr François-Xavier Maroy plaide pour l’apaisement et appelle les différentes parties à placer l’intérêt des étudiants et des familles au-dessus de leurs divergences politiques et militaires.

    Cette prise de position intervient alors que les conflits armés continuent de perturber le fonctionnement des services publics, notamment l’éducation, dans plusieurs territoires de l’Est de la RDC.

    Rédaction

    Leave A Reply

    error: Content is protected !!