L’Université de Bunia veut accélérer la formation de sa relève académique. Après avoir enregistré deux nouveaux docteurs à thèse et 33 diplômés d’études supérieures en 2025-2026, l’établissement se fixe l’objectif d’atteindre 40 professeurs d’ici 2030 et ambitionne de faire de Bunia un pôle de formation doctorale pour plusieurs provinces de l’Est de la RDC.
L’Université de Bunia (UNIBU) veut faire de la formation de sa relève scientifique l’un des principaux leviers de son développement au cours des prochaines années.
Lors de la cérémonie de clôture de l’année académique 2025-2026, le Secrétaire général chargé de la Recherche a annoncé que l’institution avait enregistré deux nouveaux docteurs à thèse et 33 diplômés d’études supérieures au cours de l’année.
Ces résultats sont présentés comme les premiers effets visibles d’une politique initiée il y a trois ans pour renforcer le corps académique local.
Par une décision rectorale prise le 27 avril 2023, 63 membres du corps scientifique avaient été mis à disposition afin de poursuivre des études de troisième cycle et de contribuer, à terme, à la relève académique.
Une mesure qui, selon le Secrétaire général à la Recherche, n’avait pas fait l’unanimité au départ.
Mais trois ans plus tard, il estime dans ses propos recueillis par buniaactualite.cd les résultats commencent à apparaître.
« Nous pouvons savourer les premiers fruits de nos efforts conjugués et nous pouvons dire sans conteste que la moisson a été réellement grande au cours de cette année académique 2025-2026 », a-t-il déclaré.
40 professeurs d’ici 2030
L’université affiche désormais une cible chiffrée : atteindre 40 professeurs d’ici 2030.
« L’objectif de demain, c’est celui d’atteindre 40 professeurs d’ici 2030 », a annoncé le Secrétaire général à la Recherche, le professeur Richard Mugisa invitant les nouveaux diplômés d’études supérieures à poursuivre jusqu’à la thèse de doctorat.

Dans son discours de politique générale, l’Université de Bunia avait également affirmé avoir connu une progression importante de son corps académique au cours des six dernières années.
Elle dit avoir augmenté le nombre de ses enseignants de haut rang et renforcé parallèlement les effectifs des assistants et chefs de travaux.
Dix-neuf dossiers de candidats de l’UNIBU ont par ailleurs été examinés lors de la 49e session du Conseil d’administration des universités, tenue les 27 et 28 août 2026, selon les informations communiquées au cours de la cérémonie.
S’agissant dew étudiants finalistes du premier cycle LMD, 339 parmi eux ont réussi aux sessions d’épreuves, soit un taux global de réussite à 46,4 %.
Une école doctorale dans le viseur
Au-delà des promotions individuelles, l’Université de Bunia veut désormais se positionner dans la formation doctorale.
La création d’une école doctorale en Ituri figure parmi les deux grandes perspectives présentées par le comité de gestion, aux côtés de l’amélioration de la gouvernance universitaire.
L’établissement ambitionne de faire de Bunia un point de référence pour des chercheurs provenant notamment de l’Ituri, du Haut-Uélé, du Grand Nord et du Nord-Kivu.
« L’Université de Bunia se positionne donc en pivot pour matérialiser cette vision », affirme le discours de politique générale, prononcé par le secrétaire général académique, au nom du Recteur en mission.
Un groupe de travail doit être constitué dès le début de la prochaine année académique pour élaborer une feuille de route.
L’université a également engagé une formation de masters complémentaires, notamment pour permettre à d’anciens licenciés issus de l’ancien système d’atteindre le niveau académique requis pour poursuivre une formation doctorale dans le système LMD.
Une nouvelle vague d’inscriptions est annoncée à partir du lundi 7 septembre 2026.
35 articles et cinq ouvrages en une année
La recherche scientifique constitue l’autre volet sur lequel l’établissement cherche à renforcer son positionnement.
Le rapport académique présenté samedi fait état d’environ 35 articles scientifiques publiés par des chercheurs de l’Université de Bunia au cours de l’année académique 2025-2026.
Il mentionne également cinq ouvrages ainsi que plusieurs rapports de recherche.
L’université dispose de deux centres de recherche et affirme avoir appuyé l’un d’entre eux dans la création d’une revue scientifique en ligne et la préparation de son numéro inaugural.
Plusieurs conférences, journées et matinées scientifiques ont également été organisées.
Le département des sciences juridiques a été particulièrement cité pour son dynamisme dans l’organisation d’activités scientifiques, les autres départements étant encouragés à suivre cette voie.
Sur le plan de l’ouverture extérieure, l’UNIBU affirme aussi être membre du RuFORUM et travailler à renforcer son intégration dans les réseaux scientifiques nationaux, régionaux et internationaux.
Cette montée en puissance affichée de la relève locale répond à une faiblesse que l’université elle-même reconnaît : sa forte dépendance envers les enseignants extérieurs.
Selon le rapport académique, environ 50 % des enseignements reposent encore sur des enseignants visiteurs.
La crise sanitaire liée à Ebola a exposé cette dépendance : plusieurs enseignants n’ont pas pu rejoindre Bunia, contribuant au retard enregistré dans l’exécution de certains programmes.
C’est précisément ce que la politique de formation doctorale veut progressivement corriger : disposer d’un plus grand nombre d’enseignants qualifiés permanents à Bunia.
Numérisation et gouvernance
L’ambition scientifique est également accompagnée d’un projet de modernisation de la gestion universitaire.
L’UNIBU annonce la numérisation progressive de ses secteurs académique, administratif et financier.
Les inscriptions en ligne devraient notamment être renforcées pour l’année académique 2026-2027, tandis que d’autres modules numériques sont annoncés au cours du premier semestre.
L’établissement avait déjà indiqué avoir installé une connexion satellitaire afin de développer des dispositifs d’enseignement à distance et hybrides.
Mais former davantage pose aussi la question de l’après-université. Au cours de la même cérémonie, étudiants, lauréats et autorités provinciales ont ramené le débat à une autre question : que deviennent les diplômés une fois leur formation achevée ?
Le représentant des étudiants a appelé les nouveaux diplômés à être « des créateurs de solutions, des entrepreneurs audacieux et des artisans infatigables de la paix ».
Celui des lauréats leur a demandé de rester « des stratèges de développement et des serviteurs de la société ».
La représentante du gouverneur de l’Ituri a, elle, insisté sur l’entrepreneuriat face à la faiblesse des possibilités d’embauche.
« Notre pays n’a pas seulement besoin des jeunes qui cherchent un emploi. Notre pays a besoin des jeunes capables de créer des emplois », a déclaré Claudine Zeni.
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