À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée ce lundi 2 novembre 2026, l’UNESCO alerte sur la persistance des assassinats de professionnels des médias et la hausse du taux mondial d’impunité.
Selon les résultats du Rapport 2026 du Directeur général de l’UNESCO sur la sécurité des journalistes et le danger de l’impunité, 189 journalistes ont été tués lors d’attaques violentes dans le monde entre 2024 et 2025. Parmi ces victimes, 67 % ont perdu la vie dans des zones de conflit.
L’organisation révèle également que 86 % des affaires de meurtre de journalistes restent sans résolution judiciaire, soit près de neuf cas sur dix. Ce taux a augmenté d’un point de pourcentage par rapport à 2024, une première depuis le début de sa mesure en 2012.
Dans son message à l’occasion de cette journée, le directeur général de l’UNESCO, le professeur Khaled El-Enany, attire l’attention sur l’évolution des menaces contre les professionnels des médias.
Le rapport souligne notamment l’utilisation croissante des drones dans les attaques. Cinquante journalistes ont été tués par ces engins dans six zones de guerre au cours des deux années étudiées. Les femmes journalistes sont également confrontées à des violences fondées sur le genre, notamment au harcèlement et aux agressions en ligne.
Malgré ce constat, l’UNESCO relève certains progrès. Dans les pays épargnés par les conflits armés, le taux d’impunité a diminué de 17 points depuis 2012, pour atteindre 77 %. Le nombre de journalistes tués dans ces pays est tombé à 62, son niveau le plus bas depuis 18 ans.
Cette année, la commémoration se déroule sous le thème « Les menaces évoluent. L’impunité persiste ». L’organisation appelle les gouvernements, les médias et la société civile à renforcer les dispositifs de protection des journalistes et les mécanismes judiciaires permettant de poursuivre les auteurs de crimes.
L’UNESCO insiste particulièrement sur la nécessité d’adapter les mesures de prévention et de protection aux nouvelles menaces, notamment dans les zones de conflit.
Instituée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2013, cette Journée internationale vise à rappeler aux États leur responsabilité de prévenir les violences contre les journalistes, d’enquêter sur les crimes commis et de garantir l’accès des victimes à la justice.
Esdras Kaghoma

