La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a procédé jeudi au transfert officiel de sa base militaire d’Amee, dans le territoire de Mahagi, aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Située à plus de 120 km de Bunia, cette position stratégique était l’un des principaux points d’appui des Casques bleus depuis 2020, au plus fort des violences perpétrées par les miliciens de la Codeco.
Ce passage de relais s’inscrit dans le processus de désengagement progressif de la MONUSCO en Ituri, amorcé après l’amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs zones du district.
Une zone longtemps meurtrie désormais sur la voie de la stabilisation
Amee, autrefois épicentre de déplacements massifs de populations, a connu une nette accalmie ces deux dernières années. Le retour progressif des familles déplacées et la reprise des activités économiques témoignent d’un changement profond du climat local.
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Les marchés fonctionnent de nouveau sans distinction communautaire et les écoles ont rouvert leurs portes en toute sécurité.
Selon les autorités locales, cette amélioration résulte d’une combinaison de facteurs : l’appui sécuritaire de la MONUSCO, les opérations conjointes avec les FARDC ainsi que les dialogues intra et intercommunautaires menés sous la coordination du gouvernement provincial.
Les autorités saluent l’apport des Casques bleus
Lors de la cérémonie de transfert, le colonel Faustin Bozibo, chargé des opérations à la 32e région militaire, a exprimé sa reconnaissance envers la mission onusienne.
Il a rappelé que la présence des Casques bleus avait permis de contenir les violences et ramené la confiance au sein de la population :
« Si la MONUSCO n’était pas installée ici, on aurait eu des problèmes d’insécurité. Aujourd’hui, les jeunes ont repris les études parce que la MONUSCO a ramené la sécurité à Amee. Nous rassurons la population : l’armée va continuer à les protéger. »
Même écho au sein de la société civile. Le président du Conseil territorial de la Jeunesse de Djugu, Christian Ngabomitchu, souligne que la région était « inhabitée » avant l’installation de la base onusienne.
Pour lui, la présence des Casques bleus a largement contribué au retour progressif des habitants et à la diminution de l’activisme armé. Il appelle désormais les FARDC à préserver ces avancées et à éviter tout abus lors de la prise en main du site.
Un transfert symbolique et logistique
La MONUSCO ne se limite pas à céder l’infrastructure. Elle remet également aux FARDC plusieurs équipements opérationnels, dont 30 tentes capables d’abriter chacune six soldats, 15 projecteurs de sécurité, un groupe électrogène, une cuisine et des installations sanitaires de campagne, ainsi qu’un atelier de réparation de véhicules.
Ce transfert marque une nouvelle étape dans le retrait progressif de la mission onusienne en Ituri. Il intervient dans un contexte où les autorités congolaises revendiquent une plus grande autonomie sécuritaire, tandis que les partenaires internationaux encouragent une transition graduelle et maîtrisée.
Avec cette reprise de contrôle, les forces armées congolaises sont désormais en première ligne pour maintenir la stabilité retrouvée. La population locale, qui voit dans ce transfert un signal positif, attend des garanties sur la continuité de la protection et la prévention de nouvelles tensions.
La base d’Amee, autrefois symbole de crise, devient ainsi un test pour la consolidation durable de la paix dans le nord de l’Ituri.
Avec PIO MONUSCO Bunia

