L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), avec l’appui financier de l’Union européenne dans le cadre du projet Borderland, a organisé ce mardi 12 mai 2026 à Bunia un atelier de restitution des résultats d’une étude consacrée à la traite des personnes et au trafic illicite de migrants dans la province de l’Ituri.
Menée entre décembre 2025 et février 2026, cette étude avait pour objectif de mieux cerner les tendances liées à la traite des êtres humains, au trafic de migrants ainsi qu’à la contrebande dans cette province frontalière de l’Ouganda et confrontée aux conflits armés.
En présentant les résultats de cette enquête au cours de l’atelier, le Dr. Fils-lien Ely Thelot, expert international en lutte contre la traite des personnes et consultant à l’OIM, a souligné que les femmes et les enfants demeurent les principales victimes de ce phénomène.
Dans une interview accordée à la presse, il précise que les jeunes filles sont particulièrement exposées à l’exploitation sexuelle, au mariage forcé, au proxénétisme et à l’esclavage sexuel. De leur côté, les garçons mineurs sont victimes de travail forcé dans les mines, l’agriculture, la pêche ou l’élevage, tandis que d’autres sont recrutés au sein des groupes armés.
Selon Thelot, trois facteurs majeurs favorisent cette criminalité : la pauvreté, les conflits armés et la méconnaissance du phénomène. « Dans 80 % des cas de traite des personnes, la pauvreté en est la principale cause », a-t-il expliqué.
L’étude révèle par ailleurs que 245 cas de disparition d’enfants ont été enregistrés en une année en Ituri, la plupart étant liés au trafic entre la RDC et l’Ouganda. Plus de 25 000 cas de violences basées sur le genre ont également été documentés, dont près de la moitié concernent des violences sexuelles commises sur des mineurs.
Autre constat inquiétant : plus de 450 pistes frontalières non contrôlées faciliteraient les activités des trafiquants.
Face à cette situation, l’OIM recommande notamment le renforcement des campagnes de sensibilisation, la formation des acteurs judiciaires et sécuritaires ainsi que la mise en place de mécanismes provinciaux de coordination afin d’améliorer la protection des victimes et de renforcer la lutte contre la traite des personnes en Ituri.
Grâce Kasemire

