Une violente altercation armée s’est produite dans la soirée du samedi 1er novembre à l’aérodrome de Zale, dans le territoire de Mahagi, en province de l’Ituri, à une centaine de kilomètres au nord de Bunia, en République démocratique du Congo (RDC).
Selon les premières informations non officiellement confirmées, l’affaire impliquerait des éléments de l’armée ougandaise, la Uganda People’s Defence Force (UPDF), et aurait causé plusieurs morts et blessés.
Les faits rapportés
Des sources de la société civile locale évoquent une dispute autour d’une femme, sur fond d’alcool, qui aurait dégénéré en échange de tirs. La vendeuse concernée, qui tenait un bistrot à proximité de l’aérodrome, aurait été tuée dans l’incident.
Selon une communication de la cellule de communication de l’administrateur du territoire de Mahagi parvenue à Buniaactualite.cd : un sergent de l’UPDF, identifié comme étant EKWAR David, serait entré en conflit avec son supérieur, le major UKOYA Gabriel, qu’il accuse de s’afficher avec sa maîtresse.
Le sergent aurait alors ouvert le feu, tuant le major, son garde sergent Mathieu Ovuni, ainsi que deux femmes civiles. Mme Giramiya Pascaline (ougandaise) et Mme Mandawun Abedirwoth (congolaise), la propriétaire du bistrot.
Le bilan retenu lors d’une réunion tenue dimanche 2 novembre sous la présidence du colonel Claude Ntumba Kalala, administrateur militaire intérimaire du territoire, est de quatre morts. « les deux militaires ougandais UKOYA et Ovuni, et les deux femmes. Les corps des militaires doivent être rapatriés pour inhumation, à la charge du gouvernement ougandais, tandis que celui de Mme Mandawun sera inhumé sur place à Zale », mentionne ledit communiqué.
L’autorité territoriale appelle la population au calme, affirmant que la situation « est sous contrôle ».
Enjeux et implications
La présence de l’UPDF dans le territoire de Mahagi, notamment à l’aérodrome de Zale, s’inscrit dans le cadre d’une coopération conjointe avec les forces armées de la RDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo / FARDC) dans la lutte contre les groupes armés dans la région.
Toutefois, les tensions entre troupes étrangères et populations locales, tout comme des accidents ou incidents internes, peuvent fragiliser cette coopération, susciter des réactions communautaires ou relancer des dynamiques de défiance.
L’implication de civils dans l’échange de tirs (notamment la tuerie de la vendeuse) renforce l’urgence de disposer d’une gestion rigoureuse de la discipline au sein des troupes et d’une supervision accrue des interactions avec la population locale.
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Le bilan provisoire fait état de quatre morts, mais plusieurs sources locales évoquent jusqu’à cinq victimes, dont trois militaires.
L’appel au calme lancé par l’administrateur militaire souligne « la volonté d’éviter tout débordement ou réaction communautaire dans un territoire déjà fragilisé par l’instabilité », a estimé un analyste.
Rédaction

