Le gouvernement provincial du Sud-Kivu a dénoncé avec fermeté une tentative « manifeste » d’annexion du territoire d’Idjwi par le Rwanda, dissimulée, selon lui, derrière la rébellion de l’Alliance fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23).
Dans un communiqué publié ce samedi à Uvira, les autorités provinciales ont révélé ce qu’elles considèrent comme une « violation flagrante » de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
Le communiqué, signé par le porte-parole du gouvernement provincial, Didier Kabi Bashizi, fait état de la construction présumée d’un camp de police rwandais sur le territoire congolais. « Nos sources confirment le début de la construction d’un camp de police rwandaise à Bwando, dans le groupement de Mugote, au bord du lac Kivu, directement en face de Kibuye (Rwanda) », précise le texte, consulté ce dimanche 07 septembre par buniaactualite.cd
Un plan d’annexion déguisé en conflit armé ?
Cette nouvelle intervient dans un contexte de tensions persistantes dans l’est de la RDC, où les groupes armés, notamment l’AFC/M23, sont accusés de bénéficier du soutien du Rwanda. Accusations portées même par les Nations unies.
Le gouvernement provincial estime que la présence de troupes rwandaises sur le territoire d’Idjwi, actuellement occupée par ces rebelles, ne relève pas du hasard.
« Ces faits constituent une violation flagrante de l’intégrité territoriale et une tentative manifeste d’annexion d’une partie de la République démocratique du Congo par le Rwanda, dissimulée derrière la rébellion de l’AFC/M23 qui occupe actuellement cette zone », insiste le communiqué.
L’île d’Idjwi, située au cœur du lac Kivu, est stratégiquement importante. Sa position géographique la rend particulièrement vulnérable aux intrusions et aux conflits transfrontaliers. La dénonciation du gouvernement provincial met en évidence une nouvelle dimension de l’insécurité dans la région. Elle suggère, dans une certaine mesure, que les motivations derrière le conflit armé pourraient être bien plus vastes que de simples affrontements territoriaux.
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Le gouvernement du Sud-Kivu n’a pas encore précisé les mesures qui seront prises, mais il est probable qu’il appelle la communauté internationale à se pencher sur cette « annexion » présumée. Cette dénonciation intervient alors que les efforts de médiation pour une résolution pacifique du conflit dans l’est de la RDC se poursuivent, bien que les progrès soient lents. Pour l’instant, le Rwanda n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations.
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