Les Témoins de Jéhovah ont annoncé, vendredi 18 septembre 2026, une évolution de leur position concernant l’utilisation médicale du sang. Selon un communiqué publié par leur siège mondial à Warwick, dans l’État de New York, chaque fidèle doit désormais décider en conscience s’il accepte ou non de recevoir des globules rouges, des globules blancs, du plasma ou des plaquettes provenant du sang d’une autre personne.
La même liberté de décision concerne le don de sang lorsqu’il est destiné à fournir ces composants ou leurs fractions à une autre personne.
Cette évolution ne concerne toutefois pas le sang total. L’organisation maintient son refus de longue date des transfusions de sang total pour des motifs religieux, en s’appuyant notamment sur le commandement biblique de « s’abstenir du sang », cité en Actes 15:20.
Dans son communiqué, le Collège central, l’organe dirigeant des Témoins de Jéhovah, explique que cette nouvelle position étend aux quatre principaux composants du sang un principe déjà appliqué aux fractions sanguines et à certains usages du propre sang d’un fidèle.
« Nous reconnaissons que les décisions médicales concernant les composants du sang sont une question de conscience entre chaque Témoin et son Dieu, Jéhovah », a déclaré Paul Gillies, porte-parole international des Témoins de Jéhovah au siège mondial.
Ce qui change et ce qui ne change pas
La nouvelle position marque une évolution concernant les quatre principaux composants du sang : les globules rouges, les globules blancs, les plaquettes et le plasma.
Avant cette annonce, les Témoins de Jéhovah refusaient les transfusions de sang total ainsi que celles de ces quatre composants lorsqu’ils provenaient du sang d’une autre personne. En revanche, une distinction était faite pour les fractions sanguines.
Les fractions sont des substances obtenues à partir des principaux composants du sang. Certaines protéines du plasma, par exemple, peuvent être séparées et utilisées à des fins médicales. Leur acceptation relevait déjà de la conscience individuelle du fidèle.
La décision annoncée le 18 septembre étend désormais ce principe aux quatre composants principaux eux-mêmes. Chaque Témoin peut donc décider personnellement s’il accepte ou refuse l’utilisation médicale de globules rouges, de globules blancs, de plasma ou de plaquettes provenant du sang d’un donneur.
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La même logique s’applique au don de sang lorsqu’il est destiné à fournir des composants ou des fractions pour les soins d’une autre personne.
Le sang total demeure toutefois une catégorie distincte. Le Collège central maintient le refus des transfusions de sang total en vigueur depuis 1945 et rattache cette position à son interprétation du commandement biblique de « s’abstenir du sang ».
Une évolution en deux temps en 2026
L’annonce de septembre intervient après une première évolution de la position des Témoins de Jéhovah sur le sang, communiquée en mars 2026.
Le 20 mars, le Collège central avait annoncé une modification concernant l’utilisation du propre sang du fidèle dans le cadre de soins médicaux ou chirurgicaux. Selon l’organisation, la Bible ne donne pas de consigne précise sur ces pratiques. La décision concernant l’utilisation de son propre sang est donc laissée à la conscience individuelle.
Cette position concerne notamment les situations dans lesquelles le sang d’un patient est prélevé puis utilisé dans le cadre de ses propres soins. Elle est distincte du don de sang destiné à une autre personne.
Six mois plus tard, le principe de conscience individuelle est étendu aux principaux composants du sang provenant d’un donneur. Les Témoins de Jéhovah peuvent désormais décider eux-mêmes s’ils acceptent ou non les globules rouges, les globules blancs, le plasma ou les plaquettes.
L’évolution annoncée en 2026 peut ainsi être résumée en deux étapes : en mars, la décision concernant l’utilisation du propre sang du fidèle est laissée à sa conscience ; en septembre, cette liberté de décision est étendue aux quatre principaux composants du sang provenant d’une autre personne.
Le refus religieux du sang total, lui, demeure en vigueur depuis 81 ans.
William Afoyogira

