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    La ville d’Uvira, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu, a connu une paralysie partielle de ses activités vendredi 30 octobre 2026, à l’occasion d’une journée ville morte organisée par des structures de la société civile.

    Cette mobilisation visait à réclamer la fin de la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo et à exprimer l’opposition des organisateurs à une éventuelle nouvelle occupation de la ville par les rebelles.

    Dès les premières heures de la matinée, plusieurs établissements scolaires, marchés, commerces et services de transport ont été affectés par le mouvement. Certains parents ont préféré garder leurs enfants à domicile, tandis qu’une présence importante de policiers et de militaires était observée dans plusieurs quartiers.

    Selon Actualité.cd, qui a recueilli des témoignages sur place, la population est restée largement à l’écart des activités habituelles, notamment par crainte de tensions liées au déploiement des forces de sécurité.

    La mobilisation devait également s’accompagner d’une marche pacifique. Celle-ci n’a cependant pas pu se dérouler comme prévu, en raison du dispositif sécuritaire déployé dans la ville.

    Pour Byamungu Shamamba, membre de la Nouvelle société civile congolaise, cette initiative vise à attirer l’attention sur la persistance des violences armées dans l’est du pays et sur les risques d’une nouvelle offensive rebelle contre Uvira.

    Selon lui, les habitants d’Uvira, de Fizi et de Baraka entendent manifester leur opposition au Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien président Joseph Kabila.

    « Il fallait rappeler les responsabilités du gouvernement congolais », a-t-il notamment déclaré au média.

    Cette mobilisation s’est tenue malgré une décision de l’autorité urbaine interdisant la journée ville morte et la marche annoncées. Dans un communiqué publié jeudi 29 octobre, le maire d’Uvira avait invoqué des raisons sécuritaires pour justifier cette interdiction.

    Les organisateurs ont néanmoins maintenu leur mot d’ordre, auquel une partie des habitants a répondu en suspendant ses activités.

    Cette journée de protestation intervient dans une ville toujours marquée par les conséquences des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles de l’AFC/M23.

    A lire aussi : Sud-Kivu : la reprise des patrouilles policières saluée à Uvira

    Le 5 octobre dernier, Buniaactualite.cd rapportait la condamnation à mort de 27 militaires de la Garde républicaine par le tribunal militaire de garnison d’Uvira, pour des faits de lâcheté devant l’ennemi. Cette affaire concernait notamment le retrait de soldats de positions militaires situées sur les hauteurs de la ville, lors des combats d’août 2026.

    Plus récemment, le 29 octobre, notre rédaction faisait état de la reprise des patrouilles de la Police nationale congolaise à Uvira. Nestor Mufariji, coordonnateur d’un mouvement citoyen local, avait salué cette évolution comme un signal encourageant pour le rétablissement de l’autorité de l’État.

    La journée ville morte de ce vendredi traduit ainsi la persistance des préoccupations sécuritaires des habitants, malgré le retour progressif de certains services publics. Pour les organisateurs, la protection durable de la ville et la fin des hostilités demeurent des priorités.

    Rédaction

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