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    Au Sud-Kivu, la spirale de la violence continue de broyer des vies. Derrière les chiffres froids des rapports humanitaires, ce sont des familles entières qui fuient, des enfants qui maigrissent et des communautés qui survivent tant bien que mal dans l’attente d’une aide devenue difficile à atteindre.

    Depuis plusieurs semaines, les territoires d’Uvira, Fizi, Walungu, Kalehe et Kabare sont le théâtre d’une intensification préoccupante des affrontements armés. Une situation sécuritaire instable qui aggrave une crise humanitaire déjà fragile dans cette partie de l’est de la République démocratique du Congo.

    Dans l’ensemble de la province, les besoins explosent. Plus de 1 800 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère et 6 600 autres atteints de malnutrition aiguë modérée ont déjà été pris en charge par les acteurs humanitaires. Une réponse vitale, mais encore insuffisante face à l’ampleur de la détresse. Parallèlement, près de 262 000 personnes ont bénéficié d’une assistance alimentaire dans les territoires de Kalehe, Walungu et Uvira, soulignant l’urgence de la situation.

    Fizi : la peur sur les routes, l’exil dans les familles

    Dans le territoire de Fizi, le mois de décembre a été marqué par une recrudescence des combats, notamment le long de l’axe Munene–Makobola et dans les hauts plateaux. Cette nouvelle flambée de violence a contraint plus de 144 700 personnes à quitter leurs villages, parfois du jour au lendemain, emportant peu ou rien avec elles.

    La majorité de ces déplacés ont trouvé refuge auprès de familles d’accueil déjà vulnérables, dans des conditions de forte promiscuité. D’autres se sont installés dans des écoles, des églises ou ont dormi à la belle étoile, exposés aux intempéries et aux maladies. Sur place, les besoins les plus urgents restent criants : nourriture, abris d’urgence, soins de santé et accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement.

    Mais apporter de l’aide devient de plus en plus difficile. L’insécurité persistante entrave sérieusement les mouvements des équipes humanitaires. Entre le 8 et le 24 décembre, au moins trois véhicules et un bateau rapide appartenant à des partenaires humanitaires ont été confisqués par des groupes armés dans le territoire de Fizi. Des incidents qui ralentissent, voire bloquent, l’acheminement d’une assistance pourtant vitale.

    Une urgence qui s’enlise

    Au Sud-Kivu, la crise n’est plus seulement humanitaire : elle est humaine, quotidienne, épuisante. Chaque jour sans accès sécurisé complique un peu plus la survie de milliers de familles. Alors que les besoins augmentent, l’accès humanitaire se réduit, laissant planer le risque d’une détérioration encore plus grave si des mesures urgentes ne sont pas prises.

     

    Rédaction

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