Six activistes de la société civile ont été assassinés et 43 autres ont été victimes d’attaques ou de menaces de mort en Ituri au cours de l’année 2025, selon des statistiques rendues publiques mardi lors d’une réunion à Bunia par le Réseau de protection des défenseurs des droits de l’homme, rapporte la radio onusienne.
Le rapport présenté à la presse éclaire une situation sécuritaire déjà fragile dans cette province de l’est de la République démocratique du Congo, en proie depuis des années à une violence armée récurrente. Les chiffres témoignent de la dangerosité croissante du travail de suivi des violations des droits humains dans une région marquée par les exactions de groupes armés.
Pour Meda Mpiana, membre du réseau de protection, ces données illustrent la vulnérabilité des défenseurs des droits humains, souvent pris pour cibles du fait de leurs actions de dénonciation des abus contre les populations civiles. « Cette situation est alarmante et met en danger la vie de ceux qui sont censés être les porte-voix des sans-voix », a-t-elle déclaré.
Les participants à la rencontre ont appelé à une refonte des relations entre la société civile, les services de sécurité et les autorités administratives locales, soulignant la nécessité de dépasser les postures conflictuelles pour instaurer un climat de confiance. L’objectif avancé est l’établissement d’une collaboration plus étroite afin de protéger ceux qui s’engagent dans le monitoring des droits humains.
Parmi les pistes évoquées figure la vulgarisation des instruments juridiques de protection des défenseurs des droits humains, ainsi qu’une meilleure connaissance des obligations et responsabilités de chaque acteur. Selon les intervenants, cette démarche pourrait contribuer à réduire les risques encourus par les activistes dans l’exercice de leurs fonctions.
Des acteurs de la société civile plaident pour une intensification des efforts de protection et de prévention, ainsi que pour une responsabilisation accrue des forces de sécurité en charge de la protection des civils et des défenseurs des droits humains dans l’est du pays.
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L’Ituri est placée sous état de siège depuis 2021. Près de 5 ans après, le retour de la paix n’est pas encore effectif dans certaines zones. A Mambasa par exemple, une structure a alerté sur la présence d’une dizaine de groupes armés alors qu’à Mahagi, une nouvelle attaque des présumés miliciens de la Codeco vient d’être enregistrée.
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