Après trois jours sans diffusion d’informations sur l’ensemble des plateformes médiatiques et radios de la province de l’Ituri, le Collectif des journalistes de l’Ituri (CJI) se dit satisfait du respect de cette mesure exceptionnelle observée par les professionnels des médias.
Cette décision faisait suite à l’assassinat de Thierry Banga Lole, journaliste-cameraman à la RTNC Ituri, tué à son domicile dans la nuit du 28 au 29 décembre 2025. Du 30 décembre 2025 au 1ᵉʳ janvier 2026, la plupart de radio ni média en ligne n’a émis d’informations sur toute l’étendue de la province.
Le CJI remercie l’ensemble des journalistes pour avoir respecté cet ordre, symbole de solidarité et de protestation.
« Il était question de pleurer notre confrère, de montrer notre solidarité et contester contre cet assassinat », a déclaré Rachidi Kudra, porte-parole du CJI.
Un message fort adressé aux autorités
Au-delà de l’hommage rendu à leur confrère, ces trois jours de silence médiatique visaient également à interpeller les autorités provinciales, dans un contexte d’état de siège, sur la nécessité de protéger les journalistes. Ces derniers continuent de travailler jour et nuit pour informer la population, malgré une situation sécuritaire particulièrement préoccupante.
Selon Rachidi Kudra, ce silence constitue aussi un avertissement à l’endroit de tous ceux qui prennent pour cible les journalistes, lesquels, en dépit des conditions difficiles, s’efforcent d’apporter la lumière et de faire triompher la vérité.
« C’est aussi un avertissement pour tout ces gens qui prennent pour cible les journalistes qui travaillent dans une condition difficile, avec le contexte de l’Ituri où l’insécurité persiste encore », a-t-il ajouté.
Ce silence médiatique observé sur toute l’étendue de la province a suscité de nombreuses interrogations, tant au niveau national qu’international, sur la place et la sécurité des journalistes dans une province comme l’Ituri.
Il convient de signaler que deux des quatre suspects impliqués dans le meurtre de Thierry Lole ont déjà été interpellés par la Police nationale congolaise (PNC) dans la ville de Bunia.
Dorcas Faya

