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    Dans sa première encyclique Magnifica humanitas, publiée ce lundi 25 mai 2026, Léon XIV demande explicitement pardon pour le rôle joué par le Saint-Siège dans l’esclavage, tout en alertant sur les nouvelles formes de domination liées à l’intelligence artificielle.

    Traditionnellement, les encycliques inaugurales permettent aux nouveaux papes d’exposer les grandes orientations de leur pontificat. Adressé à l’ensemble de l’Église catholique, ce document entend alerter sur les défis liés au développement de l’IA, mais aussi sur les nouvelles formes de domination et d’exploitation qu’elle pourrait engendrer.

    Au paragraphe 176 de l’encyclique, le pape affirme que « nous ne pouvons nier ni minimiser le retard avec lequel l’Église et la société ont condamné le fléau de l’esclavage »

    Le souverain pontife reconnaît également que « le Siège apostolique romain » est intervenu à plusieurs reprises pour « réglementer et légitimer les modalités de soumission et, dans certains cas, de réduction en esclavage des “infidèles” ».

    Puis vient cette déclaration inédite du souverain pontif :

    « Au nom de l’Église, je demande sincèrement pardon. »

    Si plusieurs papes avaient déjà reconnu les fautes commises par des chrétiens dans l’histoire de l’esclavage, c’est la première fois qu’un pape présente des excuses publiques explicites au nom de l’institution ecclésiale elle-même.

    Les propos de Léon XIV renvoient notamment aux bulles pontificales publiées entre les XVe et XVIe siècles, dans le contexte des conquêtes coloniales européennes et de la traite transatlantique.

    Durant cette période, certains textes religieux avaient accordé aux puissances catholiques des droits sur des territoires nouvellement conquis ainsi que sur leurs populations. Bien que l’Église ait progressivement condamné certaines formes d’esclavage au fil des siècles, cette condamnation est longtemps restée partielle et ambiguë.

    Au-delà du regard porté sur le passé, Magnifica humanitas, publiée une année après le début du pontif du pape Léon XIV établit également un parallèle avec les formes contemporaines d’exploitation humaine.

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    Le pape met en garde contre les dérives possibles liées à l’intelligence artificielle, à la surveillance technologique, à l’exploitation économique et à la manipulation numérique. Selon le texte, ces mécanismes pourraient engendrer de nouvelles formes d’asservissement si la dignité humaine n’est plus placée au centre des décisions politiques et technologiques.

    Cette première encyclique donne ainsi le ton du pontificat de Léon XIV, marqué à la fois par une relecture critique de l’histoire de l’Église et par une réflexion sur les grands défis éthiques du XXIe siècle.

    William Afoyogira Uyergiu

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