Plus de 33 000 réfugiés du Soudan du Sud ont trouvé refuge dans le nord de la République Démocratique du Congo (RDC) après avoir fui une vague de violence en constante intensification dans leur pays. Face à cette situation d’urgence, l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé une intervention vitale pour apporter un soutien médical à ces communautés déracinées.
Les récits des réfugiés sont poignants. Blessing Halima, une mère de six enfants, a raconté comment elle a fui le comté de Morobo pour se réfugier à Adi, dans le nord de la RDC. « Des gens ont tiré des coups de feu, puis des avions ont commencé à cibler les gens depuis le ciel, » a-t-elle témoigné. La violence a rapidement dégénéré, entraînant des meurtres, des vols et l’enlèvement de son mari, la poussant à prendre la décision déchirante de fuir pour la sécurité de ses enfants.
La violence s’est propagée à d’autres régions, notamment dans l’État d’Équatoria central, à la frontière de la RDC. Entre janvier et mars 2025, plus de 730 civils ont été tués. Selon les Nations Unies, environ 300 000 personnes ont été déplacées par les violences entre janvier et juin, dont 125 000 ont fui vers des pays voisins comme le Soudan, l’Éthiopie, l’Ouganda et la RDC. La Commission Nationale pour les Réfugiés en RDC rapporte que le pays a accueilli plus de 33 000 réfugiés depuis avril.
Cette instabilité a également provoqué l’effondrement des services publics déjà fragiles, contraignant MSF à fermer deux de ses hôpitaux et à réduire ses activités en raison d’attaques ciblées contre ses structures de santé. L’insécurité est telle que MSF a dû suspendre toutes ses activités dans le comté de Morobo et le comté voisin de Yei River après l’enlèvement de deux de ses agents de santé.
MSF en première ligne de l’intervention
Depuis le début de son intervention il y a moins de deux mois, MSF a déjà réalisé plus de 3 000 consultations médicales, avec une moyenne hebdomadaire de plus de 370 consultations. Le paludisme, les infections respiratoires et les gastro-entérites aiguës sont les principales maladies traitées. L’organisation dépiste aussi la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans, en les prenant en charge avec des aliments thérapeutiques.
La crise a également révélé des cas de violences sexuelles. Le Dr Wabingwa, un membre de l’équipe de MSF, a révélé que plusieurs survivantes de ces violences, certaines âgées d’à peine 12 ans, ont été prises en charge par l’équipe.
L’afflux continu de réfugiés met une pression énorme sur les ressources de la RDC et sur les organisations humanitaires comme MSF, qui doivent continuer d’adapter leurs actions pour répondre aux besoins médicaux et humanitaires urgents de ces populations.
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