Le député national Furaha Uma Daniel a adressé, le 29 juin 2026, un plaidoyer au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans lequel il l’invite à faire du rétablissement de la paix, de la sécurité et de l’autorité de l’État une priorité avant d’engager une réforme de la Constitution.
Dans cette correspondance, l’élu affirme s’exprimer avec « respect » et dans un esprit de responsabilité citoyenne, précisant que sa démarche vise à contribuer au débat suscité autour d’une éventuelle révision constitutionnelle.
Tout en saluant les efforts du Chef de l’État en faveur de la paix, de la stabilité institutionnelle, de la souveraineté nationale et de la protection des populations, Furaha Uma Daniel reconnaît que le débat sur une réforme de la Constitution est légitime dans une démocratie. Il estime néanmoins qu’un projet d’une telle portée exige une réflexion approfondie sur son opportunité, son calendrier ainsi que sur les conditions nécessaires à sa réussite.
Cet élu de Mahagi en Ituri attire l’attention sur le contexte sécuritaire que traverse la République démocratique du Congo. Dans sa lettre, il évoque notamment l’agression rwandaise, les rébellions de l’AFC/M23 et de la Convention pour la Révolution Populaire, les attaques attribuées aux ADF, la présence de forces négatives sud-soudanaises et des Mbororo, ainsi que l’activisme de plusieurs groupes armés locaux dans l’Ituri, le Maniema, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et d’autres parties du pays.
Selon lui, engager une réforme constitutionnelle dans un tel contexte risquerait d’accentuer les tensions et de limiter la participation de nombreuses populations vivant dans les zones touchées par l’insécurité. Il estime que plusieurs responsables politiques, coutumiers et communautaires ne pourraient pas consulter librement leurs bases, tandis que de nombreux citoyens seraient, de fait, empêchés de participer pleinement à un débat aussi important pour l’avenir du pays.
Dans son plaidoyer, ce fils de l’Ituri soutient qu’une telle réforme gagnerait à être précédée par la reconquête de l’intégrité territoriale, le retour durable de la paix, le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, la sécurisation des personnes et de leurs biens, ainsi que la consolidation d’un climat de confiance. À ses yeux, ces conditions permettraient de garantir la crédibilité du processus, l’inclusivité des discussions et la légitimité populaire des décisions qui pourraient être prises.
L’élu appelle enfin le Chef de l’État à mobiliser les énergies des Congolaises et des Congolais autour de ces priorités nationales. Il estime qu’une réforme constitutionnelle conduite dans un contexte apaisé, marqué par l’unité nationale et une participation effective de la population, pourrait constituer un véritable acte fondateur pour l’avenir de la République.
En conclusion de cette lettre ouverte, reçue à la présidence le 29 juin, le député précise que sa démarche ne se veut pas une contestation, mais une contribution républicaine au débat national, guidée, selon lui, par l’intérêt supérieur de la République démocratique du Congo, la préservation de son unité et la dignité de son peuple.
Verite Johnson

