Les enfants demeurent parmi les premières victimes du conflit armé qui secoue l’est de la République démocratique du Congo. Dans son rapport final, le Groupe d’experts des Nations Unies dresse un tableau alarmant des violations commises à leur encontre. Recrutement par des groupes armés, violences sexuelles, fermeture ou destruction d’écoles et déplacements forcés compromettent l’avenir de milliers d’enfants dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon les experts, les enfants sont touchés de manière disproportionnée par la dégradation de la situation sécuritaire. Ils continuent d’être recrutés par des groupes armés, parfois de force, tandis que d’autres sont victimes de violences sexuelles ou voient leur scolarité interrompue en raison des combats. Les attaques contre les établissements scolaires et leur destruction privent des milliers d’élèves de leur droit à l’éducation.
Le rapport rappelle que cette situation s’inscrit dans une crise humanitaire de grande ampleur. En mars 2026, les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu comptaient environ 3,4 millions de personnes déplacées.
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Plus de 60 % de la population y vivait dans une situation d’extrême pauvreté, tandis que l’insécurité alimentaire, les difficultés d’accès aux soins de santé et les restrictions pesant sur l’aide humanitaire continuaient de s’aggraver. Les enfants figurent parmi les plus exposés aux conséquences de cette crise.
Les enquêteurs soulignent également que les violences exercées contre les enfants ne se limitent pas au recrutement ou à la déscolarisation. Les massacres, les déplacements répétés et la destruction des moyens de subsistance des familles les exposent à des traumatismes durables, à l’exploitation économique et à un risque accru de séparation familiale. Dans de nombreuses localités, la fermeture des écoles prive aussi les enfants d’un espace de protection essentiel.
Le rapport relève par ailleurs que les ADF continuent de recourir à des personnes enlevées, y compris des enfants, pour renforcer leurs effectifs. Les experts indiquent que le groupe, confronté à des difficultés de recrutement, a largement eu recours aux enlèvements et au recrutement forcé afin de compenser ses pertes et de maintenir ses capacités opérationnelles.
Les Nations Unies insistent sur le fait que les violations commises contre les enfants sont le fait de plusieurs acteurs du conflit. Elles rappellent que toutes les parties ont été impliquées dans des violations du droit international des droits humains et du droit international humanitaire, même si la nature et l’ampleur des exactions varient selon les groupes concernés.
Pour les experts, protéger les enfants ne consiste pas uniquement à mettre fin aux combats. Cela implique également de garantir leur accès à l’éducation, aux soins de santé, au soutien psychosocial et aux mécanismes de réinsertion pour ceux qui ont été recrutés ou utilisés par des groupes armés. Sans ces mesures, préviennent-ils, le conflit risque de produire une génération durablement marquée par la violence et privée de perspectives d’avenir.
Alors que les affrontements se poursuivent dans plusieurs territoires de l’est de la RDC, le rapport rappelle une réalité souvent éclipsée par les développements militaires : derrière chaque attaque, chaque déplacement et chaque école fermée, ce sont des milliers d’enfants dont les droits fondamentaux et l’avenir continuent d’être compromis.
Pour David Ramazani, l’un des activistes des droits de l’enfant dans l’est de la RDC ces dix dernières années, il y a « lieu d’agir urgemmet pour sauver cette génération ».
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