Archives

    Le nom de Nathanaël Onokomba s’impose depuis plusieurs jours dans l’actualité judiciaire en République démocratique du Congo. Son transfert à la prison militaire de Ndolo, l’un des établissements pénitentiaires les plus sécurisés du pays, suscite interrogations et réactions au sein de la classe politique et de la société civile.

    Nathanaël Onokomba a été transféré le 13 janvier 2026 à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa. Cette structure, principalement réservée aux militaires, accueille également des civils poursuivis pour des infractions relevant de la compétence de la justice militaire, notamment celles liées à la sécurité nationale.

    L’activiste a été interpellé le 5 janvier 2026 à Kinshasa, à l’issue d’une conférence organisée à la Salle Paquebot. Si les autorités parlent d’une arrestation régulière, ses proches et partisans évoquent plutôt un « enlèvement ». Après plusieurs jours sans information officielle, la confirmation de sa détention a circulé sur les réseaux sociaux.

    Les accusations retenues contre lui

    Selon des sources judiciaires, le dossier de Nathanaël Onokomba a été transmis au parquet militaire par le Conseil national de cyberdéfense (CNC). Il est notamment poursuivi pour :

    • incitation ou provocation à la commission d’actes terroristes ;
    • apologie des actes terroristes ;
    • diffusion de fausses informations par voie électronique ;
    • négation, minimisation, justification ou approbation de crimes internationaux ou de violences sexuelles ;
    • apologie ou propagande portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation.

    Ces faits sont notamment réprimés par l’article 206 du Code pénal militaire, selon les autorités judiciaires.

    Des réactions contrastées

    L’affaire suscite de nombreuses réactions au sein de l’opposition politique et des organisations de défense des droits humains.

    L’opposant Seth Kikuni dénonce une instrumentalisation des services de cyberdéfense. Dans un message publié sur le réseau social X (anciennement Twitter), il estime que le Conseil national de cyberdéfense serait devenu, selon lui, « un instrument de répression ». Il ajoute que « l’affaire Nathanaël est le symbole d’un système qui se croit tout permis ».

    De son côté, l’activiste des droits humains Gloria Sengha a appelé à une marche pacifique pour exiger la libération des détenus politiques et des prisonniers d’opinion. « Ce qui arrive à Nathanaël est un message adressé à toute une génération : taisez-vous ou subissez », écrit-elle, estimant qu’il s’agirait d’une « sanction politique ».

    Citées par Radio France Internationale (RFI), certaines organisations de la société civile, dont Justicia ASBL, évoquent des violations des droits humains et dénoncent la détention de plus de 10 000 personnes dans des conditions qu’elles qualifient d’inhumaines.

    Ces accusations sont toutefois rejetées par une source sécuritaire proche du Conseil national de cyberdéfense, qui parle de « propagation de faux bruits », dans une déclaration relayée par RFI.

    Qui est Nathanaël Onokomba ?

    Nathanaël Onokomba est un jeune acteur politique et opposant congolais. Il est président du mouvement citoyen « Le Congo Qui Inspire », une structure qu’il présente comme une alternative politique au système en place.

    Très actif sur les réseaux sociaux, il s’est fait connaître par ses prises de position critiques à l’égard des autorités congolaises, ses interventions médiatiques et l’organisation de rencontres publiques axées sur l’engagement politique de la jeunesse. Il a, par le passé, affiché une proximité avec l’opposant Seth Kikuni, membre fondateur du mouvement Sauvons le Congo.

    Sa notoriété s’est accrue ces derniers mois en raison de ses messages au ton satirique visant les autorités, notamment à travers des expressions devenues virales sur les réseaux sociaux.

    L’interpellation de Nathanaël Onokomba intervient dans un contexte marqué, au dernier trimestre de l’année 2025, par l’arrestation de plusieurs acteurs politiques et influenceurs actifs sur les réseaux sociaux, parmi lesquels Parole Kamizelo.

    L’évolution de cette affaire est suivie de près par l’opinion publique, alors que le débat sur la liberté d’expression, la cybercriminalité et la sécurité nationale reste particulièrement sensible en République démocratique du Congo.

    Rédaction

    Leave A Reply

    error: Content is protected !!