Le gouverneur militaire de la province de l’Ituri, le lieutenant-général Luboya N’Kashama Johnny, a affirmé être visé par un projet d’assassinat qu’il attribue au mouvement se déclarant « politico-militaire » CRP, dirigé par Thomas Lubanga.
L’autorité provinciale dit disposer d’informations faisant état de l’implication présumée de mercenaires, avec Kasenyi (bord du lac Albert) cité comme point de départ de l’opération.
« Vous me touchez, vous aurez de sérieux problèmes », a averti le gouverneur militaire, lors d’une cérémonie officielle de présentation de présumés criminels arrêtés par les services de sécurité, organisée récemment à Bunia, chef-lieu de la province sous état de siège.
Selon Luboya N’Kashama, les menaces seraient liées à l’activisme de la Convention pour la révolution populaire (CRP), un mouvement qu’il accuse de chercher à déstabiliser l’Ituri, une région de l’est de la République démocratique du Congo marquée depuis des années par des violences armées.
Ces accusations avaient déjà été relayées quelques jours plus tôt par le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC) et du gouverneur militaire. Intervenant dans une émission radiophonique locale, celui-ci avait évoqué l’existence de menaces sérieuses visant le chef de l’exécutif provincial, sans fournir de détails supplémentaires sur l’état d’avancement des enquêtes.
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Il ne s’agit pas de la première alerte de ce type depuis l’apparition de la CRP qui serait alliée au M23, selon des sources sécuritaires.
Aucune réaction officielle n’a, pour l’heure, été enregistrée du côté de Thomas Lubanga, qui se serait installé depuis plusieurs mois à Kampala en Ouganda. Les services de sécurité n’ont pas non plus communiqué sur d’éventuelles arrestations liées spécifiquement à ce projet d’assassinat.
Placée sous état de siège depuis mai 2021, l’Ituri reste confrontée à la présence de groupes armés et à par moments une insécurité persistante, malgré les opérations militaires menées par l’armée. En-dehors de la présence de la Monusco, l’armée ougandaise se trouve aussi, depuis plusieurs mois, présente dans certaines régions de l’Ituri en appui aux FARDC.
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