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    La Journée Mondiale du Tourisme, célébrée ce samedi 27 septembre sous le thème mondial « Tourisme et transformation durable », a fait rappeler « l’immense potentiel touristique » de la province de l’Ituri en République Démocratique du Congo, mais surtout les défis majeurs qui entravent son développement.

    Le déficit sécuritaire s’impose comme la principale cause impactant sévèrement ce secteur vital. C’est ce qu’a révélé à la presse Benjamin Kato Lebisabo, Chef de la Division Provinciale du Tourisme.

    Sécurité et homologation : seulement deux sites sur 32 fonctionnels

    Les chiffres sont éloquents. Sur un total d’au moins 32 sites touristiques répertoriés en Ituri, seuls deux sont officiellement homologués par l’État :

    • La Réserve de Faune à Okapi (RFO) de Mambasa, reconnue comme étant du domaine international.
    • Le Mont Hoyo, situé dans le territoire d’Irumu.

    Malheureusement, même ces sites d’exception ne sont pas épargnés par les troubles. Le Mont Hoyo est « aujourd’hui tristement connu pour être le bastion des rebelles ADF-NALU », rendant toute activité touristique pratiquement impossible et dangereuse.

    Benjamin Kato Lebisabo a souligné que cette situation, directement liée à l’instabilité, « empêche la province de tirer profit de ses richesses naturelles et culturelles », et « freine » toute perspective de transformation durable par le tourisme.

    « Le sites touristiques sont aussi un peu éloigné de la ville ou des grandes agglomérations. Qui peut risquer sa vie pour le tourisme ? », s’est interrogé un habitant de Bunia, plaidant pour le « retour effectif de la paix dans l’ensemble de la province de l’Ituri ».

    La célébration de cette journée, dont la première remonte au 27 septembre 1980, vise à rappeler la capacité du tourisme à être une force porteuse de changement positif dans le développement. L’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) avait choisi cette date pour marquer le dixième anniversaire de l’adoption de ses statuts en 1970.

    Pour l’Ituri, province en proie aux conflits, l’enjeu est double, estime un analyste. D’abord, « rétablir la sécurité pour permettre l’accès à des lieux comme la RFO et le Mont Hoyo », et ainsi « concrétiser la promesse d’un tourisme moteur de développement économique et social pour la population locale ».

    Rédaction

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