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    La province de l’Ituri continue de vivre au rythme des violences armées et de leurs conséquences humanitaires dramatiques. Selon le dernier rapport publié le 15 août 2025 et rendu public le 21 août par OCHA en collaboration avec ses partenaires, la période allant du 1er au 31 juillet a été marquée par une nouvelle vague d’attaques meurtrières, de déplacements massifs et d’abus contre les civils.

    Dans la nuit du 26 au 27 juillet, une attaque attribuée aux ADF a endeuillé la localité de Komanda Centre, en territoire d’Irumu. Le bilan est particulièrement lourd : 43 morts, dont neuf enfants, et une quinzaine de blessés, selon les autorités locales et les sources humanitaires.

    Face à la terreur, environ 30 000 personnes ont fui vers les villages voisins des aires de santé de Komanda, Bey et Pinzili. La majorité s’est réfugiée dans des écoles, des églises ou d’autres infrastructures publiques, sans aucune aide humanitaire à ce jour.

    Depuis le lancement des opérations militaires contre les ADF début juillet, les représailles se sont multipliées le long de l’axe Komanda-Luna. Entre le 26 et le 28 juillet, plusieurs incursions ont encore causé neuf morts et une dizaine d’enlèvements dans les zones de santé d’Idohu, Pinzili et Bamande. Au total, 52 civils ont perdu la vie dans la seule zone de santé de Komanda au cours du mois de juillet.

    Djugu : violences persistantes et accès humanitaire limité

    Le territoire de Djugu n’est pas épargné. Depuis la mi-juillet, les zones de santé de Nizi, Fataki et Lita ont été secouées par de nouveaux affrontements entre groupes armés et Forces armées congolaises (FARDC). Ces violences ont coûté la vie à au moins 19 civils et provoqué des enlèvements, des pillages et des incendies de maisons dans plusieurs localités, dont Lopa, Soleniama, Nizi Centre et Iga Barrière.

    Les déplacements de population se poursuivent vers des zones jugées plus sûres, mais les chiffres restent difficiles à établir. L’insécurité a également contraint certains partenaires humanitaires à suspendre ou ralentir leurs opérations. Près de 256 500 personnes demeurent ainsi privées d’accès aux services essentiels, notamment en santé, nutrition et protection, dans les zones de santé de Nizi, Fataki, Bambu, Mangala et Rethy.

    Mahagi : hausse inquiétante des violations à Logo et Angumu

    Le territoire de Mahagi connaît lui aussi une dégradation de la situation sécuritaire. En juillet, 99 incidents de protection ont été documentés dans les zones de santé de Logo et Angumu, contre 64 le mois précédent. Les femmes représentent près de la moitié des victimes, et 35 % des abus seraient imputables à des groupes armés.

    Les violences basées sur le genre (VBG) constituent à elles seules 45 % des violations recensées, une tendance aggravée par l’insécurité persistante et l’absence d’acteurs spécialisés dans la prévention et la prise en charge de ces violences.

    Une urgence humanitaire qui s’aggrave

    Face à cette détérioration simultanée dans plusieurs territoires, la société civile et les autorités locales multiplient les appels pour un renforcement urgent de la protection des civils. Les organisations humanitaires, quant à elles, tentent de maintenir une présence minimale malgré les restrictions d’accès et l’instabilité sécuritaire.

    L’Ituri reste ainsi l’une des provinces les plus touchées de la RDC, où l’espoir de paix se heurte encore à une réalité marquée par la peur, les déplacements et les souffrances de milliers de familles.

    Rédaction

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