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    La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a exprimé sa vive préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’est du pays, en particulier en Ituri et dans le Nord-Kivu, deux provinces placées sous état de siège qui continuent de subir des violences et des pertes humaines.

    Dans un communiqué de presse, l’organisation catholique met aussi un accent particulier sur la province de l’Ituri et sur les activités du groupe armé CODECO.

    Attaques en Ituri 

    Le communiqué de la CENCO, daté du 12 septembre 2025, révèle plusieurs attaques récentes. Le 16 août 2025, dans le territoire de Djugu, la CODECO (Coopérative pour le Développement du Congo) a mené une attaque contre la population civile dans le Centre de Bule. Le bilan est lourd : « 5 personnes tuées, quatre blessés et une dizaine de maisons incendiées. »

    Ces violences visent également les institutions religieuses. Dans la nuit du 19 au 20 août 2025, « la Propédeutique Saint Kizito de Bunia a subi… une intrusion violente de la part d’hommes armés. » Cette attaque s’inscrit dans un contexte de menaces grandissantes contre les lieux de culte, comme en témoigne le massacre du 26 au 27 juillet, où « plus de 40 fidèles catholiques » ont été tués par les ADF dans une paroisse de Komanda. La CENCO rappelle que ces lieux sont pourtant « protégés par la Constitution et les lois de la République. »

    L’efficacité des opérations conjointes remise en question

    La CENCO s’interroge sur l’efficacité des opérations militaires conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’Armée populaire de défense de l’Ouganda (UPDF) en Ituri et au Nord-Kivu. « Il parait alors paradoxal que ces groupes armés et ADF continuent à garder toutes leurs capacités de nuisance en y perpétrant tueries et massacres contre les populations civiles, » s’étonne le secrétariat général dans son communiqué.

    Le communiqué révèle également un élément troublant concernant la CODECO. Des « informations qui parviennent de ces lieux indiquent que les FARDC considéreraient la CODECO comme des Wazalendo, » un terme qui désigne les jeunes patriotes, et non comme un groupe armé hostile. Cette perception pourrait expliquer en partie la persistance des violences en Ituri.

    La CENCO souligne l’urgence d’une action plus forte et mieux coordonnée pour protéger les civils et rétablir la paix dans ces régions troublées.

    Rédaction

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