La Coalition Article 64 (C64) n’a choisi de s’aligner ni sur le président Félix Tshisekedi ni sur son prédécesseur Joseph Kabila, estime Ithiel Batumike, analyste politique à l’institut de recherche Ebuteli. Cette lecture intervient après les critiques du député national Joseph Nkoy contre la déclaration finale du conclave de l’opposition, tenu à Rome, en Italie.
Intervenant mardi 27 octobre 2026 dans l’émission Dialogue entre Congolais de Radio Okapi, l’analyste a estimé que la position de la C64 ne pouvait être interprétée comme un soutien à l’un des deux camps politiques.
« Je pense que la C64 n’a pas choisi son camp comme l’honorable député essaie de le présenter à l’opinion », a déclaré Ithiel Batumike.
Cette analyse répond aux accusations du député Joseph Nkoy, rapporteur adjoint de la commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale. L’élu du Sankuru reproche à la coalition de ne pas avoir explicitement cité le Rwanda et Joseph Kabila dans sa dénonciation des violences dans l’est de la RDC, alors qu’elle formule des critiques à l’encontre du président Félix Tshisekedi.
Pour Joseph Nkoy, cette omission traduit une attitude qu’il juge complaisante envers les acteurs qu’il considère comme responsables de la crise sécuritaire.
Ithiel Batumike propose une autre interprétation. Selon lui, la C64 cherche à préserver son autonomie politique en refusant de se ranger derrière l’un des deux camps.
Dans sa déclaration finale du 27 octobre, la coalition, qui réunit notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, s’est opposée à toute modification de la Constitution susceptible de compromettre l’alternance démocratique, ainsi qu’au recours aux armes pour conquérir le pouvoir.
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Elle a également annoncé son intention de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila afin de favoriser un dialogue national inclusif pour sortir de la crise politique et sécuritaire.
Cette position continue néanmoins de susciter des interprétations divergentes au sein de la classe politique congolaise, particulièrement sur la manière de désigner les responsabilités dans la guerre qui frappe l’est du pays.
Esdras Kaghoma

