Le parti Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD), de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, conteste l’interdiction de ses activités sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo. Dans une correspondance adressée lundi 19 octobre 2026 au vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, cette formation politique de l’opposition réclame le réexamen de la mesure, dont elle remet en question les justifications.
Dans cette lettre référencée 007/LGD/SG/TMF/2026, parvenue le même jour à la rédaction de Buniaactualite.cd, le secrétaire général du parti, Franklin Tshiamala Manyiku, affirme avoir accueilli avec une « profonde surprise » la décision du 15 octobre interdisant le fonctionnement de treize formations politiques.
Le LGD estime que cette mesure soulève des préoccupations concernant le respect des libertés politiques et des principes démocratiques. Il affirme ne pas comprendre les griefs précis justifiant son inclusion parmi les partis frappés par cette interdiction.
« Notre parti privilégie la compétition démocratique et demeure convaincu que les divergences politiques doivent se régler par le débat, la confrontation des idées et le respect des institutions républicaines », écrit Franklin Tshiamala Manyiku.
Le parti de Matata Ponyo rappelle son statut de formation légalement constituée et enregistrée auprès du ministère de l’Intérieur depuis février 2022. Il revendique notamment son attachement à l’État de droit, à la bonne gouvernance, à la transparence et au respect des libertés fondamentales.
Sur le plan juridique, le LGD invoque la loi n° 04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des partis politiques en RDC. Il considère qu’une mesure restreignant les activités d’une formation politique doit être justifiée par des faits établis et permettre aux responsables concernés d’exercer leurs droits.
« Une décision de cette portée devrait reposer sur des faits précis, établis et juridiquement fondés », souligne le secrétaire général, qui réclame également une motivation explicite permettant au parti de répondre aux accusations éventuelles par les voies légales appropriées.
Dans sa correspondance, le LGD sollicite formellement le réexamen de la décision portant interdiction de son fonctionnement sur l’ensemble du territoire national.
La lettre est également portée à la connaissance du président de la République, de la Première ministre, de représentants des Nations unies et de l’Union européenne ainsi que des membres du présidium de la coalition C64.
Cette contestation intervient quatre jours après l’instruction du vice-Premier ministre Jacquemain Shabani, demandant aux gouverneurs de province de faire appliquer l’interdiction des activités de treize partis politiques, parmi lesquels le PPRD de Joseph Kabila, le LGD de Matata Ponyo et plusieurs autres formations de l’opposition.
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La mesure a été prise dans un contexte de tensions politiques après l’annonce de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), associé à l’ancien président Joseph Kabila. Toutefois, le message ministériel rendu public ne détaille pas les motifs individuels retenus contre chacun des partis concernés.
L’interdiction porte sur leurs activités et ne constitue pas, en elle-même, une décision de dissolution.
À ce stade, aucune réponse du ministère de l’Intérieur à la demande de réexamen formulée par le LGD n’a été communiquée dans les informations disponibles.
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