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    En République démocratique du Congo, le métier d’informer est l’un des plus périlleux du continent. De 1994 à 2025, l’organisation Journaliste en Danger (JED) a répertorié un total de 2670 atteintes contre les professionnels des médias, allant des journalistes tués aux détentions, en passant par les destructions de médias.

    Malgré une légère baisse des statistiques d’arrestations et d’emprisonnement, JED alerte sur une tendance inverse et inquiétante, qui est la montée de la censure.

    La censure est désormais la deuxième catégorie d’atteintes la plus fréquente, après les arrestations et privations de liberté.

    Par ailleurs, le rapport souligne la persistance d’une impunité quasi totale. Le moratoire sur les arrestations des journalistes, promis par l’ancien ministre de la Justice, n’est pas honoré.

    La nouvelle Loi sur la presse (dite Loi Muyaya, datant de mars 2023), pourtant moins répressive et supposée être une « avancée majeure », est contournée ou bafouée.

    JED illustre cette défaillance par l’exemple de l’arrestation, le 8 août 2025, de Glody Ndaya, journaliste et directrice générale du groupe de presse « Eventsrdc ».

    Elle a été conduite à la prison centrale de Makala, tout comme un autre journaliste, pour des plaintes d’« injures publiques et diffamation ». Or, la nouvelle loi exige que la publication d’un droit de réponse ou de rectification constitue une réparation dans ces cas. La saisine des instances judiciaires ne devrait intervenir qu’en cas de refus de publication.

    La procédure d’arrestation immédiate est donc considérée par JED comme une violation des dispositions légales.

    Le bilan de cette insécurité persistante est lourd. La RDC a chuté de 10 places au Classement mondial de la liberté de la presse 2025 établi par Reporters sans frontières (RSF), occupant désormais la 133e place sur 180 pays.

    JED appelle le ministre de la Justice à intervenir pour obtenir la libération des journalistes détenus sans jugement et à respecter l’esprit de la nouvelle loi. L’organisation rappelle qu’une volonté politique est essentielle, sans quoi la situation des journalistes « restera précaire ».

    Rédaction

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