Un spectacle bouleversant et « sans précédent ». C’est ainsi que le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, a qualifié sa découverte en visitant la prison centrale de Kasapa à Lubumbashi, ce dimanche 14 septembre 2025.
Un centre de détention conçu pour 800 personnes en héberge aujourd’hui plus de 2 600, transformant la dignité humaine en un lointain souvenir.
La réalité est « inhumaine. 2 669 détenus s’entassent dans un espace prévu pour seulement un tiers de ce nombre. Plus de 2 200 de ces personnes sont des prévenus, en attente d’un jugement « souvent retardé » par la lenteur du système judiciaire, tandis que 464 ont déjà été condamnées.
A lire aussi : Bunia: la prison centrale compte plus des prévenus que des condamnés, une situation jugée anormale
Ces chiffres, affichés sur un simple tableau, illustrent la crise humanitaire qui se déroule derrière les barreaux. Une image relayée par l’agence congolaise de presse.
« Les conditions de vie sont très difficiles« , a confié la directrice de l’établissement, un constat que le ministre a confirmé. Cette promiscuité extrême ne relève pas d’un simple problème de logistique, mais d’une véritable atteinte aux droits fondamentaux.
Conscient de l’urgence, le ministre Ngefa a « promis » de faire de l’amélioration de la situation des détenus une priorité de son mandat. Sa visite n’est pas seulement un acte d’inspection, mais un engagement personnel à s’attaquer à un problème systémique qui touche de nombreuses prisons congolaises.
La surpopulation de Kasapa est le symptôme de maux plus profonds comme lenteurs judiciaires, un manque d’infrastructures et un sous-financement chronique du secteur. Pourtant, cette situation n’est pas isolée. Au chef-lieu de la province de l’Ituri, Bunia, en guise d’illustration, la surpopulation carcérale est quasiment identique.
Rédaction

