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    Le calme qui semblait timidement revenir dans le territoire de Djugu n’aura finalement été que de courte durée. Ce mercredi 11 mars 2026, plusieurs localités de la chefferie des Bahema Nord et Bahema Badjere ont été la cible d’attaques meurtrières attribuées à des éléments de la milice CODECO, replongeant la population dans la peur et le deuil.

    Selon des sources de la société civile locale, les assaillants ont frappé presque simultanément dans au moins quatre groupements : Dhendro, Ngle, Djaiba et Sumbuso. Le bilan provisoire avancé par la société civile du groupement attaqué fait état de plus de vingt civils tués, parmi lesquels des enfants. Plusieurs habitations auraient également été pillées et du bétail emporté.

    Les circonstances de ces violences, décrites par des témoins, restent particulièrement choquantes. D’après Germain Dhetsima Djaba, coordonnateur de la société civile du groupement Dhendro, certaines victimes ont été abattues par balle tandis que d’autres auraient été exécutées à la machette.

    « La recherche d’autres corps continue encore », a-t-il indiqué, évoquant une situation dramatique pour les familles touchées.

    La société civile de la chefferie des Bahema Nord confirme également l’attaque. « Les acteurs sont CODECO. Comme bilan provisoire, 10 personnes sauvagement abattues », a écrit un cadre de cette structure citoyenne.

    Plusieurs victimes, selon ces mêmes sources, s’étaient récemment déplacées depuis la zone de Bule et ses environs. Elles espéraient trouver refuge après les tensions signalées dans la région de Bahema Badjere. Ce déplacement forcé n’a malheureusement pas suffi à les mettre à l’abri de la vioviolence

    Face à cette nouvelle tragédie, la société civile appelle les autorités à renforcer urgemment la protection des populations, en particulier celles installées dans les sites de déplacés. Le site de Djaiba, situé à Bule, accueille notamment de nombreux civils ayant fui les affrontements dans d’autres villages.

    L’autorité coutumière dénonce une accalmie brisée

    La chefferie des Bahema Nord s’est également exprimée après ces attaques. L’autorité coutumière déplore la mort de plus de vingt-deux personnes tuées par des hommes armés identifiés comme appartenant à la milice CODECO.

    Pour le chef de chefferie, ces violences brisent une accalmie que la population commençait à peine à ressentir.

    « On avait déjà respiré un peu. Pourquoi ont-ils repris ? », s’interroge-t-il.

    Des réactions des structures citoyennes

    La reprise des hostilités par ce groupe armé, après environ six mois de relative accalmie, suscite de nombreuses réactions parmi les structures citoyennes.

    Le Conseil provincial de la jeunesse estime que la paix restera fragile tant que des jeunes continueront de détenir des armes. Son responsable, Deogratias Bungamuzi Kukwabi, considère qu’il est temps de traquer les semeurs de troubles.

    De son côté, la coordination provinciale de la société civile condamne fermement cette tuerie et appelle les autorités provinciales à instruire les services spécialisés afin de mettre fin aux massacres qui frappent l’Ituri. Selon cette structure, la province espérait déjà amorcer un retour progressif à la paix.

    Pour l’instant, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités militaires concernant ces attaques ni sur le bilan exact des victimes.

    Ces violences surviennent alors que plusieurs observateurs locaux évoquaient récemment une relative accalmie dans le territoire de Djugu. Depuis quelque temps, les accusations d’exactions visant la milice CODECO s’étaient faites plus rares, tandis que l’insécurité était davantage attribuée à d’autres groupes armés actifs dans la zone, notamment la CRP.

     

    Rédaction

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